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Pour « Un jour, le crime » éditions Gallimard Depuis George Bush Junior, qui peut encore croire que le Bien et le Mal sont deux catégories aussi distinctes que le jour et la nuit ? En chacun de nous, nous le savons , la part de Dieu et la part du Diable sont, en général, assez équitablement réparties. Les saints ne se différenciant des criminels que par un très léger frémissement d’un côté ou de l’autre du fléau de la balance. Le regretté Maurice Lever, fin connaisseur du XVIIIè siècle, et donc de l’ombre portée des Lumières, s’est lui-même beaucoup intéressé à la fascination exercée, à travers les âges, par les faits divers les plus monstrueux sur la société, toutes classes confondues. Ce que cela dit de nous ? Tapez donc Freud.com…. Jean-Bertrand Pontalis, qui préfère qu’on l’appelle JB, est justement psychanalyste et écrivain. Depuis longtemps ses petits livres, faussement naïfs, subtilement savants, apparemment très personnels, sont devenus de fort bons compagnons de voyage sur nos chemins de vie. Rien de ce qui est humain ne lui est étranger. Il publie, évidemment chez Gallimard, sa seconde maison, « Un jour, le crime », une réflexion érudite, non dénuée d’humour, sur sa propre attirance pour le franchissement des limites. Lui qui n’est jamais, affirme-t-il, « passé à l’acte », en sait assez sur le fond de son âme pour se dire « criminel innocent ». ### **reportage** Martine Abat : rencontre avec Michel Ciment, historien et critique de cinéma qui publit « Kubrick », aux éditions Calmann-Lévy et a co-écrit le documentaire « Il était une fois… Orange Mécanique » diffusé sur Arte le 26 mai prochain à 22h05.Le cinéaste américain Stanley Kubrick était attiré par les personnages maléfiques dans ses films.Il a réalisé 13 longs métrages. La plupart mettent en scène la guerre (Les sentiers de la Gloire, Full Metal Jacket), des duels (Barry Lindon), la folie meurtrière (Shinning), le viol, l’agression gratuite. Un monde violent donc. Pour Kubrick les méchants, la folie et le vice étaient plus intéressants que la bonté. La violence et la perversion ne sont d’ailleurs pas simplement le fait d’individus, mais émanent aussi des institutions, de l’Etat, des médecins (comme dans Orange Mécanique par exemple où des psychiatres tentent d’extirper le mal d’Alex, meurtrier, par une thérapie proche de la torture). Ce qui l’intéresse ce sont les rapports de domination, d’un homme sur sa femme, d’une classe sociale sur l’autre, d’un pays sur son voisin.Mais la manière dont il montrait le mal n’était pas si évidente : très souvent dans ses films les bourreaux deviennent des victimes, on passe de l’aversion à la compassion, et c’est ce qui crée le malaise. ## Les liens [Exposition Kubrick à la Cinémathèque Française](http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/kubrick/)
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