pour son livreLanceurs d'alerte : les mauvaises consciences de nos démocraties, publié chez Don Quichotte

Florence Hartmann
Florence Hartmann © Florence Hartmann / Florence Hartmann

En avril 2013 le Parlement français adoptait la première loi de son histoire reconnaissant aux scientifiques comme aux simples citoyens le droit de rendre publiques des informations dont ils auraient connaissance sur de graves dangers sanitaires ou environnementaux. Le rôle essentiel des « lanceurs d’alerte », traduction du terme anglo-saxon « whistleblowers », serait-il donc en passe d’être reconnu ?

Aux Etats-Unis, où des lois soi-disant protectrices existent depuis longtemps, et où Hollywood a fait de ces hommes et de ces femmes, redresseurs de torts, dénonciateurs de corruption, de mensonges d’Etat ou d’abus de pouvoir, des héros planétaires, la manière dont sont traités en réalité ceux qui s’avisent de contrarier intérêts publics ou privés au nom de la protection des individus ne nous incite guère à l’optimisme.

La vieille loi du pot de terre contre le pot de fer est toujours la règle, partout.

Florence Hartmann en sait quelque chose, elle qui fut condamnée en 2009 par le Tribunal Pénal International pour avoir, en tant que journaliste d’investigation, évoqué l’accord passé entre le TPIY et la Serbie pour éviter à celle-ci d’être impliquée dans le massacre de Srebrenica et de risquer, ainsi, une condamnation de la cour internationale de justice.

Dans un livre passionnant intitulé Lanceurs d’alerte, mauvaises consciences de nos démocraties tout juste paru aux éditions Don Quichotte, Florence Hartmann revient sur une dizaine d’affaires emblématiques, de Daniel Ellsberg, qui a rendu publics en 1971 les « papiers du Pentagone » sur la guerre au VietNam, à Edward Snowden, à qui nous devons la récente révélation des écoutes généralisées de la NSA.

Pour chacun d’entre eux c’est une révolte personnelle devant le mensonge officiel, la folie du pouvoir, la négation de la démocratie qui a motivé les risques pris. Mais, pour tous, le prix à payer a été élevé

Florence Hartmann est, ce soir, l’invitée del’Humeur Vagabonde

Classement mondial de la liberté de la presse 2014
Classement mondial de la liberté de la presse 2014 © Librio / Reporters sans frontières

Reporters sans frontières - Classement mondial de la liberté de la presse - éditions Librio 2014 Ce classement fait le point sur la censure, les blogs, les lanceurs d'alerte et la cyber-surveillance des différents pays du monde. Il permet ainsi de mesurer les progressions ou les déclassements de chacun en matière de liberté d'information.

Le reportage de Vinciane Laumonier

Rencontre avecPierre Meneton , chercheur à l'Inserm, spécialiste des maladies cardio-vasculaires.

Il a transmis en 2000 un dossier accablant à l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) sur les conséquences de la surconsommation de sel en France.

Il est ensuite attaqué en diffamation par le Comité des Salines de France qui lui reproche une phrase publiée dans un article : "Le lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire [...] désinforme les professionnels de la santé et les médias ".

Le 13 mars 2008, Pierre Méneton gagne son procès contre le lobby du sel et est acquitté.Un combat de 12 années pour un homme qui ne se qualifie pas comme un "lanceur d’alerte", mais comme un citoyen et un chercheur du service public qui fait juste son métier.

Pierre Meneton - Le se: un tueur caché
Pierre Meneton - Le se: un tueur caché © Favre / Pierre Meneton

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Le sel : un tueur caché de Pierre Meneton, aux éditions Favre

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