Pour « L’inconnue de la Seine » aux éditions Gallimard

En 2002, au musée d’Orsay, a eu lieu une exposition sur le thème du « Dernier Portrait ». Peintures, photographies et masques mortuaires, le XIXè siècle, on le sait, ne fut pas avare en représentations morbides des chers disparus. L’exposition se terminait sur les étranges et fascinantes photos de Man Ray, variations demandées par Aragon, pour son livre « Aurélien », sur le célèbre visage de l’inconnue de la Seine. Réalisé en plâtre, soit disant sur le visage d’une jeune noyée dont le sourire de Mona Lisa séduisit le légiste, ce moulage daterait, dit la légende, de 1901, et fut reproduit à des milliers d’exemplaires jusqu’à aujourd’hui. Chanté par Rilke, Horvath, Nabokov et Supervielle, présent chez Aragon et Blanchot, Proust comme Truffaut, le pur visage de l’inconnue n’a rien perdu de son charme, comme le parfum de la dame en noir n’en finit pas de nous hanter.

blonde
blonde © Radio France

Didier Blonde vit au milieu des fantômes comme nous autres parmi nos voisins de bureau. Depuis son premier recueil de nouvelles, en 1992, il nous entraîne, livre après livre, dans son univers onirique et mélancolique, sur les pas de Baudelaire et de quelques stars oubliées du cinéma muet, à la recherche des domiciles de ses héros de littérature, ou à travers les nombreuses identités des rois de l’arnaque, Arsène Lupin, Fantômas et Rocambole. Paris lui est un inépuisable terrain de chasse aux rêves . Il nous en ramène des livres délicats, légèrement sulfureux, desquels nous ressortons troublés comme d’une séance de tables tournantes. Son dernier roman « L’inconnue de la Seine » vient de paraître chez Gallimard.

Le reportage de Martine Abat :

rencontre, sur les bords de Seine, avec Bertrand Tillier, auteur de "La belle noyée, enquête sur le masque de l'Inconnue de la Seine" aux éditions Arkhê.

Le masque de l’Inconnue de la Seine fascine donc toujours aujourd’hui, on continue à lui consacrer des recherches. C’est le cas de l’historien d’art Bertrand Tillier qui a publié l’année dernière ce livre très érudit. Il a enquêté, lu Aragon, Supervielle, Anaïs Nin et tous les auteurs qui font référence à l’Inconnue de la Seine, il a potassé les archives, scruté les photos d’Atget qui montrent les ateliers d’artistes où le masque est souvent accroché, il a rendu visite à Lorenzi le mouleur de Cachan. Il se demande dans son livre quel est le statut du masque. Est-ce un objet d’art ? de consommation ? Un bibelot décoratif ? Un fétiche ? Il nous raconte aussi comment au 19è siècle, il a existé une vogue du moulage des défunts, qu'il était de bon ton de suspendre chez soi.

Tillier
Tillier © Radio France

La programmation musicale :

- Julia Stone et Benjamin Biolay, Let's forget (all the things that we say)

- Chris Garneau, Lucioles

- Michaël Kiwanuka, Tell me a tale

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