Michel Winock est ce soir l'invité de l'Humeur Vagabonde pour "Flaubert" paru le 7 mars 2013 chez Gallimard

"Flaubert"
"Flaubert" © Gallimard

En août 1853, lorsque Gustave Flaubert écrit ces mots à sa maîtresse, Louise Colet, il y a deux ans qu’il peine sur l’écriture de Madame Bovary qu’il ne publiera que trois années plus tard. Dans ses tiroirs dorment encore une première version de l’Éducation Sentimentale, qu’il reprendra entièrement entre 1864 et 1869, et sa Tentation de Saint Antoine, que ses amis du Camp et Bouilhet ont jugé impubliable. Retiré à Croisset, celui qui se sait écrivain depuis son adolescence, travaille comme un forçat à ce roman qu’il veut d’un style nouveau, « sans assonance, sans aucun pli grammatical » lui explique-t-il, et qui serait « rythmé comme un vers, précis comme le langage des sciences » mais aussi « traversé par des langues de feu ».

Bien que tant de livres, de thèses, de colloques, de revues aient été consacrés à Flaubert, il demeure encore, par ses contradictions, ses emportements, ses travers et son génie, un homme dont on ne se lasse pas de creuser la vie et l’œuvre. Réactionnaire, adepte de la domination des « mandarins », il sera accablé par la presse de droite pour les pages de l’Éducation Sentimentale consacrées à l’atroce répression des émeutiers en juin 1848. Vomissant les honneurs et haïssant la bourgeoisie, il acceptera la légion d’honneur avec les faveurs impériales et vivra toute sa vie en bourgeois. Imprécateur virulent de la vile populace, sa bonté sera maintes fois louée par son amie la républicaine socialisante George Sand. Michel Winock, historien amoureux de littérature, lui consacre, chez Gallimard, une délectable biographie.

Le résumé du livre :

Récit de la vie de Flaubert, tout entière vouée à la littérature. Cette biographie raconte l'enfance créative de l'écrivain, le suit dans ses pérégrinations de jeunesse, décrit ses amours tumultueuses, l'accompagne dans les salons parisiens et met en scène sa ferveur dans l'amitié (M. du Camp, G. Sand, les Goncourt, Zola, Daudet, Maupassant, Tourgueniev, etc.).

Le reportage de Vinciane Haudebourg : Flaubert et la Saint Polycarpe

Flaubert, dès 1853, prend comme patron intime Polycarpe, un saint particulièrement pessimiste et morose qui avait coutume de répéter « dans quel siècle mon dieu m’avait vous fait naitre » dans lequel l’écrivain se reconnait à l’époque.

Pour pousser la farce jusqu’au bout, ses amis décident de lui fêter la saint Polycarpe par des diners et lui envoient des lettres et des autographes pour l’occasion, souvent plein d’humour et très inventifs. Ce sont ces courriers que la libraire Elizabeth Brunet et l’association des Amis de Flaubert et Maupassant ont décidé de publier à Rouen. Pour la première fois ils ont rassemblé les fac-similés de 26 courriers reçus par Flaubert à cette occasion. Des manuscrits reproduits à l’identique qu’ils ont eu la bonne idée de présenter dans un portefeuille imprimé.

Les liens

Site internet des brouillons et transcriptions des ouvrages de G. Flaubert

L'Association des Amis de Flaubert et Maupassant

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