Olivier Babinet, le réalisateur de SWAGGER,est ce dimanche au micro de Kathlenn Evin

L'équipe du film "Swagger" au Festival de Cannes 2016
L'équipe du film "Swagger" au Festival de Cannes 2016 © Maxppp / Frédéric Duget

Naïla Hanafi est une petite bonne femme d’une douzaine d’années qui aimerait tuer Mickey, pour empêcher la souris géante de conquérir l’univers, et compte bien devenir architecte pour construire des immeubles où il ferait bon vivre, même en banlieue. Naïla est élève au collège Claude Debussy d’Aulnay -sous- Bois et elle est l’un des onze personnages de Swagger, film qui est sorti ce mercredi en salles. Un film merveilleux, mêlant réalité et fiction, tout de grâce et d’intelligence, plein de douleur et de tendresse, dans lequel onze garçons et filles racontent la vie telle qu’ils la voient, leurs rêves et leurs cauchemars, leurs blessures et leurs victoires.

Ils sont Français, mais pas « d’origine française » comme ils disent, car ceux-là, autrement dit les Blancs, il y a longtemps qu’ils sont partis, à part les enseignants, bien sûr.

Swagger, en anglais fanfaronner, est un verbe inventé par Shakespeare en 1590, que l’on trouve dans Le songe d’une nuit d’été. Adopté par les gamins de banlieue, il désigne aujourd’hui, dans ses déclinaisons swagologue ou swagance, les gens cool, ceux qui ont du style. Et dieu sait s’ils en ont du style ces ados que le réalisateur Olivier Babinet a d’abord apprivoisés, durant ses deux années de résidence à Aulnay, avant d’en faire les héros de son film.

Documentaire, certes, Swagger n’occulte rien de la grande misère de ces familles dans lesquelles les enfants sont souvent les seuls à parler français. Mais film de fiction aussi dans lequel les fantasmes de ces personnages sont mis en scène dans une lumière magique.

Swagger a été sélectionné à Cannes cette année et il est sorti, ce mercredi, dans les salles. Surtout ne passez pas à côté.


Le site officiel du film

Le reportage de Gladys Marivat

Jeunes de banlieue issus de l’immigration. Trois étiquettes pour le prix d’une. L’adolescence, période complexe sur laquelle on croit tout connaître parce qu’on est passé par là et, pourtant, on a tout oublié. La banlieue, sur laquelle on ne manque ni d’images, ni de statistiques, et qu’il est, cependant, si difficile d’appréhender. L’immigration enfin, cette vieille histoire qu’on connaît bien en France mais qu’on aime présenter aujourd’hui comme un phénomène nouveau pour mieux la rejeter.

C’est peu dire que la parole des acteurs de Swagger est précieuse tant ils ont à nous apprendre. C’est pour moi la grande réussite du film d’Olivier Babinet : donner envie de rencontrer ces jeunes et, pour une fois, de les écouter. Ce que j’ai fait. Vous entendrez donc, par ordre d’apparition : Régis, Salimata, Mariyama, Aïssatou, Abou, Aaron, Nazario, Paul et Naïla.

La programmation musicale

Oxmo Puccino :Oui je

Abou Diarra/Toumani Diabate:Djarabi

Beyonce /Kendrick Lamar:Freedom

A signaler, la sortie d'un CD Les grandes heures INA/Radio France :

Le Bonheur: Jacques Chancel, Théodore Zeldin - Conversations Les Grandes Heures INA / Radio France

Avec Théodore Zeldin à ses côtés, philosophe anglais et auteur du livre « Le bonheur des Français »,Jacques Chancel s’interroge sur le bonheur le temps de cinq émissions.

Chaque jour, d’autres personnalités sont invitées à partager leur vision du bonheur : les écrivains Jacques de Bourbon-Busset, Gabriel Matzneff et Roger Peyrefitte, les académiciens Jean d’Ormesson et le révérend Père Carré, ainsi que l’historien Pierre Chaunu. Les voix de Marguerite Duras, Julia Kristeva, Wolinski, Fernando Arrabal ou encore de Marie Laforêt seront également présentent toute la semaine grâce aux interviews proposées par Daniel Schick.

Des conversations ponctuées par les improvisations musicales jouées en direct sur le thème du bonheur par Brigitte Engerer et Emile Naoumoff au piano et Frédéric Lodéon au violoncelle.

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