pour la sortie en DVD du film Une histoire de fou - bonus « une bombe de trop » d’Audrey Valtille

L'affiche du film "Une histoire de fou"
L'affiche du film "Une histoire de fou" © Diaphana / Robert Guediguian

Au début des années 80 à Marseille, où vit une importante communauté arménienne, un débat y fait rage sur la légitimité des attentats commis contre les turcs, stratégie mise en oeuvre depuis quelques années par l’Asala, mouvement basé à Beyrouth alors en pleine guerre civile. Les plus jeunes y sont favorables, tandis que leurs parents, qui ont dû rebâtir leur vie en France, tout en préservant leur histoire et leur culture, y sont majoritairement hostiles. Aram, élevé par sa mère et sa grand-mère dans la mémoire du génocide de 1915, rêve de marcher sur les traces de Soghomon Thelirian qui a assassiné en 1921 à Berlin Talaat Pacha, l’un des responsables des massacres, avant d’être relaxé par un jury populaire.

Il va participer à un attentat à Paris contre un diplomate turc qui va blesser gravement un jeune homme qui passait dans la rue à ce moment-là, avant de rejoindre le Liban. Dévastée par la douleur et la culpabilité, sa mère va prendre contact avec la victime et tenter de l’aider à surmonter son désespoir et sa rage.

Le dernier film de Robert Guédiguian ,Une histoire de fou , sorti en salles en novembre dernier est dorénavant disponible en DVD.

Déjà il y a dix ans, avec Voyage en Arménie , il avait enfin abordé la mémoire de ce pays perdu, envoyantAriane Ascaride à la recherche d’un père parti mourir sur la terre de ses ancêtres.

Avec celui-ci, le réalisateur de L’Armée du Crime , consacrée aux héros de l’Affiche Rouge, fusillés par les nazis, s’interroge dans un autre contexte sur la légitimité et l’utilité des attentats.

Alors qu’ils ont été considérés, pendant la guerre comme des actes de résistance et célébrés, depuis, comme tels, ceux commis par les combattants arméniens de l’Asala, qui n’hésitaient pas à faire des victimes innocentes, sont dénoncés comme des actes terroristes.

Au nom d’une cause juste, tous les moyens sont-ils justifiés ?

Robert Guédiguian et Ariane Ascaride, qui joue la mère d’Aram dans le film, sont ce soir les invités de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Léa Minod

Léa Minod est allée à la rencontre de Jean V. Guréghian , chez lui, à Nogent sur Marne.

Dans un coin, un grand piano noir qui appelle des airs de Jazz et la première traduction en arménien de Tintin et Milou qu’il a pensée avec son épouse Rousane.

Au mur, un autoportrait de son père, orphelin d’Arménie et des peintures d’églises arméniennes, que Jean a réalisées.

Il a d’ailleurs récemment publié un ouvrage qui recense toutes les églises et monastères de l'Arménie actuelle, photos à l'appui, intitulé Architectures Arméniennes aux éditions Geuthner.

Jean V. Guréghian-Architectures Arméniennes
Jean V. Guréghian-Architectures Arméniennes © Editions Geuthner / Jean V. Guréghian

Des églises perdues dans un paysage immense et derrière un ciel éternellement bleu. Car du passé ne tiennent debout que les constructions religieuses et il y en a des centaines dans l’actuelle Arménie. Les autres vestiges, bains douches ou caravansérail se comptent sur les doigts d'une main. Dans les années 1960 Jean V. Guréghian a sillonné l'Arménie à la recherche de ces églises.

Et c'est un bout de son histoire, qu'il nous raconte ici.

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