Depuis la nuit des temps, et à chaque nouvelle « guerre juste », les mots sont les mêmes lorsqu’il s’agit de convaincre de jeunes hommes que mourir pour la patrie est le sort le plus doux, même lorsque celle-ci les envoie combattre à des milliers de kms du sol natal, et que, là-haut, dans les bureaux climatisés de ceux qui en décident, on sait parfaitement que non, demain, en dépit des phrases ronflantes de leur capitaine, les Marines de la compagnie Echo, pas plus que leurs milliers de camarades englués en Afghanistan, ne parviendront à changer le cours de l’Histoire.

Pour les photographes, reporters et cameramen, qui, souvent, risquent aussi leur vie pour forcer nos regards blasés à prendre conscience des horreurs perpétrées sur les terrains d’opérations, le sentiment de frustration et d’impuissance est terrible. Danfung Dennis a couvert, depuis 2006, les guerres d’Irak et d’Afghanistan pour les plus grands journaux de la planète et a reçu, en 2010, le prix Bayeux des correspondants de guerre. Il vient de réaliser un document exceptionnel tourné, avec un appareil photo transformé en caméra, en suivant une compagnie de Marines engagée dans une opération au Sud de l’Afghanistan, puis en revenant aux Etats-Unis avec le sergent Nathan Harris, gravement blessé au cours de ces combats. Son film, « Hell and Back Again » est sorti en salles aujourd’hui, et vous ne devez pas passer à côté.

Intreprète : Michel Slotovski.

Le reportage de Caroline Gillet et Aurélie Charon :

Tout est parti d'une salle d'attente. On suivait un jeune soldat qui rentrait d'Irak au "Veteran center" où il allait consulter un psychologue. Et dans la salle d'attente, nous avons vu deux générations. Des anciens qui eux, rentrés du Vietnam, consultent toujours aujourd'hui. 40 ans les séparent, mais ils se sont mis à parler ensemble, et on a voulu savoir ce qu'ils pouvaient se dire. A San Diego, certains des anciens du Vietnam ont décidé de s'organiser pour accueillir les jeunes qui rentrent d'Irak : ils sont là à l'aéroport pour leur dire "Welcome Home", et ils organisent des "Warrior debriefings" avec eux, pour parler de leurs expériences. Bill Rider a fondé "ACVOW" , American Combat Veterans of War, une association d'anciens qui accueillent les plus jeunes, pour ne pas qu'ils revivent l'enfer dans lequel eux sont rentrés. A l'époque du Vietnam, ils étaient montrés du doigts, appelés "baby killers", et le " PTSD", le stress post traumatique n'existait pas. On ne reconnaissait pas leurs symptômes. Aujourd'hui de nombreux progrès ont été fait... mais il y a quand même un vide : les vétérans sont la trace de la guerre sur le sol américain, et tout va mieux quand on les maintient invisibles. Bill Rider et Mike Sloan sont deux des vétérans du Vietnam qui s'occupent des jeunes rentrés d'Irak

La programmation musicale :

- Tom Waits, Back inthe Crowd

- Willie Nelson, Hell and back (BO du film)

- Berry, Si c'est la vie

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