C’est toujours une surprise, pour ne pas dire un émerveillement, lorsque quelqu’un exprime, avec intelligence et justesse, ce que vous ressentiez confusément sans parvenir à trouver les mots pour le dire. Notre fascination devant les images d’artistes comme Atget, Ronis, Doisneau, Cartier-Bresson, Stieglitz, Evans, Abbott ou Frank, a évidemment quelque chose à voir avec la disparition. La nôtre, à travers celle des lieux, des gens, des modes de vie, de ces instants qui ont été et qui ne sont plus. De la vie qui s’enfuit, de l’avenir qui semblait alors plus beau que le présent que nous habitons. Cet indiscible là, le mélancolique Roland Barthes le dit si bien…

Après Diane Arbus, Claude Cahun, Lisette Model et Lee Miller, le Jeu de Paume accueille une autre grande figure féminine de la photographie du XXè siècle : Berenice Abbott, qui fut formée par Man Ray, et à qui l’on doit la préservation des œuvres d’Eugène Atget, tombé dans l’oubli en France et qui ressuscita à New York grâce à elle. De ses tout premiers portraits d’artistes et d’intellectuels, à son travail scientifique pour le MIT, en passant par ses célèbres images d’un New York en plein bouleversement durant les années 30, ce sont plus de 120 photographies qui sont exposées jusqu’au 29 avril. Gaelle Morel, conservatrice au Ryerson Image Center de Toronto, qui a conçu cette exposition, est, ce soir, l’invitée de l’humeur Vagabonde.

Le reportage de Martine Abat : rencontre dans l'exposition avec Marta Gili, la directrice du Jeu de Paume.

la programmation musicale :

- Carolina Chocolate drops, Ruby

- Claire Denamur, rien de moi

- Lana Del Rey, Videogames

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