Pour « Katherine Mansfield dans la lumière du Sud » Actes Sud Francis Carco, en 1949, avec grésillements d’époque, se souvient tendrement de Katherine Mansfield, morte en 1923, à 34 ans. Ils avaient été amants, durant la Grande Guerre, et surtout amis et compagnons d’écriture. Carco s’inspirant d’elle pour le personnage de Winnie dans « Les innocents », Mansfield lui dédiant quelques poèmes et lui empruntant des atmosphères du Paris des noctambules. Elle était née néo-zélandaise, devenue femme dans les brouillards de Londres, mais n’aspirait qu’à la lumière de la Riviera pour vivre et écrire encore.Qui lit aujourd’hui Katherine Mansfield ? Beaucoup de femmes écrivains, fascinées par sa fantastique capacité à décrire l’impalpable, les sentiments indicibles cachés derrière les petites choses du quotidien, les gouffres qui s’ouvrent sous les pas des gens apparemment heureux. « Katherine Mansfield découpe le réel en lamelles presque transparentes, avec délicatesse et cruauté » note Marie Desplechin dans sa préface à la réédition de ses 88 nouvelles parues chez Stock en 2006. Tout le monde devrait lire Katherine Mansfield, pour l’intelligence, la drôlerie, la violence douce de ses histoires qui, toutes, ont une étrange et immédiate proximité avec nos vies. Gisèle Bienne, écrivain, la fréquente depuis longtemps. Elle lui consacre un petit livre plein de tendresse, « Katherine Mansfield, dans la lumière du Sud » paru chez Actes Sud.

Reportage

Julien Cernobori s'est invité à boire le café chez Marie Desplechin, pour parler de sa relation complexe avec Katherine Mansfield. En fait elle la trouve plutôt envahissante, envahissante comme de la poussière, celle qu’on laisse s’accumuler un peu partout, qu’on nettoie pourtant régulièrement et qui se redépose sans qu’on s’en rende compte.Conversation donc à débit rapide dans une cuisine. Et sur la table en formica de Marie Desplechin, un enregistreur numérique et un recueil de nouvelles de Katherine Mansfield...

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