Mark Behr est ce soir l'invité de l'Humeur Vagabonde pour "Les rois du paradis" paru le 6 mars 2013 chez Jean-Claude Lattès

"Les rois du paradis"
"Les rois du paradis" © Editions Jean-Claude Lattès

En 2001, alors que sa mère vient de mourir, Michiel, qui vit à San Francisco, revient au Paradis, le domaine où il a grandi, dans l’état libre d’Orange dont il est parti en 1985, bien avant la fin du régime d’apartheid en Afrique du Sud. Si les odeurs sont les mêmes, et même s’il reconnaît les bruits familiers de la maison, beaucoup de choses ont changé dans la nouvelle nation arc-en-ciel. L’église où a lieu le service funéraire est dorénavant ouverte à tous, noirs comme blancs, la fille de la gouvernante de la maison, diplômée de l’université, occupe un poste important dans une multinationale, les écoles accueillent tous les enfants, mais le racisme n’a pas disparu, ni la méfiance et le souvenir des injustices passées. La violence est partout présente, la misère pèse sur les mêmes et les ravages du SIDA s’étendent sans que les pouvoirs publics ne réagissent.

Le premier livre de Mark Behr, « l’odeur des pommes », sorti en France en 2010, racontait l’enfance d’un petit garçon élevé dans une morale stricte mais dans une famille où la violence, le mensonge et l’oppression se justifiaient par la nécessité de préserver la domination blanche. « Les rois du Paradis », traduit par Dominique Defert, publié chez Jean Claude Lattès, évoque le retour au pays natal d’un homme qui s’en est enfui moins pour des raisons politiques qu’à cause du scandale suscité par son homosexualité. Exilé depuis longtemps, et après avoir tant lutté pour éradiquer sa nostalgie en même temps que son accent, Michiel est, lors de ce court séjour, sans cesse confronté à ses souvenirs, tantôt heureux, tantôt douloureux, à la honte et la culpabilité, dans un pays auquel il comprend qu’il a cessé d’appartenir. Mark Behr, qui a lui aussi quitté l’afrique du sud depuis bien longtemps, enseigne aujourd’hui la littérature aux Etats-Unis.

Avec l'aimable contribution de Michel Zlotovski pour la traduction

Le reportage de Julien Cernobori en compagnie de la jeune artiste sud-africaine Mary Sibande , en ce moment en résidence au MacVal de Vitry-sur-Seine

Le travail de Mary Sibande, entre sculpture et stylisme, est presque exclusivement consacré à Sophie, un personnage de fibre de verre dont elle trace l'histoire au fil des ans. Sophie a la peau très noire, elle est toujours vêtue de grandes robes amiguës qui font à la fois référence à l'uniforme de servante et à la robe victorienne. Elle apparaît dans des situations fortes et extravagantes qui malmènent et renversent les stéréotypes de la société sud-africaine.

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