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colombe © Radio France

Colombe Schneck présente son dernier ouvrage : La réparation.

« Rien à ajouter » ? Pendant des décennies, les survivants se sont tus. Comment raconter l’horreur, la déshumanisation, le néant ?

Pour ceux qui ont recommencé à vivre, eu des enfants, ne rien dire semblait être le moyen de ne pas faire peser trop de douleur sur les épaules des nouvelles générations. Mais on n’abuse pas l’inconscient si facilement.

Depuis quelques années, aux Etats-Unis comme en France, des écrivains comme Jonathan Safran Foer , Nicole Krauss , Daniel Mendelsohn ou Virginie Linhart , sont partis vers l’est sur les traces d’une histoire familiale qu’on ne leur avait jamais vraiment racontée mais qui avait ouvert en eux un vide que les mots, seuls, pouvait combler.

Colombe Schneck a déjà écrit sur sa famille. Trois premiers livres apparemment légers où elle se mettait en scène en enfant gâtée, futile et passablement agaçante. Mais le lecteur attentif pouvait y distinguer, derrière la chronique brillante d’une rêveuse bourgeoisie, comme une angoisse sourde, une ombre mortifère . Avec La réparation , paru à la rentrée chez Grasset, Colombe Schneck déroule, avec sincérité, distance et talent, le récit de son combat contre cette ombre qui pesait, depuis la guerre, sur la famille de sa mère dont 31 membres ont disparu dans les camps . Avec ce livre là, si elle a rendu leur voix à ses fantômes, elle a , surtout, définitivement trouvé la sienne.

Le reportage de Judith Soussan :

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zalc © Radio France

Il fut un temps où seuls la littérature et les récits personnels permettaient de donner à la Shoah , à ce chiffre abstrait de « 6 millions », un visage, une consistance, une histoire. Les historiens quant à eux s’intéressaient aux grands mécanismes de la persécution.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Depuis quelques années, des historiens se sont emparés des méthodes et de la démarche de la «micro-histoire » pour les appliquer à la Shoah : changer d’échelle pour aborder le réel par le bas, par le sol, par le « côté » souvent, et ainsi apporter de nouvelles questions, donc de nouvelles connaissances sur un événement historique.

Rencontre avec Claire Zalc, historienne , chargée de recherches au CNRS, et l’un des fers de lance de cette nouvelle approche avec son passionnant ouvrage Face à la persécution. 991 Juifs dans la guerre (avec Nicolas Mariot), et plus récemment le volume collectif Pour une micro-histoire de la Shoah.

A noter du 5 au 7 décembre 2012, le colloque international « Changer d’échelle pour renouveler l’histoire de la Shoah » , organisé par Claire Zalc et Tal Brutmann (à l’Ecole Normale supérieure, aux Archives nationales, au Mémorial de la Shoah.

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