pour son livre L'imposteur - traduit par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic - paru chez Actes Sud

Javier Cercas - L'imposteur
Javier Cercas - L'imposteur © Actes Sud / Javier Cercas

Pourquoi un écrivain qui, depuis Les soldats de Salamine paru en France en 2002, a toujours choisi de traiter de sujets importants politiquement pour l’Espagne, de la guerre civile à la tentative de putsch des nostalgiques de Franco en 1981, avec le formidable Anatomie d’un instant en 2010, oui, pourquoi diable Javier Cercas a-t-il hésité pendant sept années à écrire un livre sur le cas Enric Marco, alors que ce sujet était évidemment fait pour lui, comme le lui avait dit son ami Vargas Llosa ?

Sans doute parce que, lui qui sait si bien, dans ses livres, entremêler réalité historique et fiction, il se sentait dépassé par l’imposture d’un homme banal ayant réussi à se construire, pendant plus de vingt ans, une vie de héros au point d’abuser les rescapés eux-mêmes.

Mais aussi, plus intimement, parce que Cercas a toujours pensé que seule la fiction permet à l’écrivain de raconter le vrai, de toucher au plus profond le cœur et l’esprit.

Et, devant l’étendue du mensonge d’Enric Marco et ses conséquences, l’écrivain, soudain, était pris de vertige : comment raconter la vie d’un menteur quand on fait soi-même profession de mentir ?

L’Imposteur , traduit par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, vient de paraître chez Actes Sud, et c’est, en effet, un livre vertigineux.

Pour le lecteur et aussi, on le comprend vite, pour son auteur. D’ailleurs, Javier Cercas l’inscrit noir sur blanc dès la première page, dans une jolie formule, ce livre l’a sans doute écrit lui-même tandis qu’il se débattait pour le mener à son terme. Car sa méthode de travail pour ses précédents romans – partir d’une trame historique parfaitement exacte et créer des personnages à partir d’hommes et de femmes ayant réellement existé dans ces circonstances - est également celle employée par Enric Marco pour bâtir sa légende.

Et, quand l’imposteur rencontre l’écrivain pour se justifier, il dit reconnaître un raconteur d’histoires aussi doué que lui-même.

Au long de ces années de discussions et d’écriture Javier Cercas perdra pied souvent, englué dans les mensonges et terrifié de ressentir une sorte d’admiration pour ce petit homme acharné à sauver quelques pans de sa vie rêvée.

Javier Cercas est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde .

Javier Cercas vient nous voir dans le cadre dufestival des Ecrivains du Monde , du 25 au 27 septembre

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Le reportage de Rémi Douat

Dans un minuscule appartement au sixième étage d’un modeste immeuble de banlieue parisienne, j’ai rencontréGuy Ribes, ex brillant faussaire qui pendant 30 ans s’est joué des experts en peignant à la manière des plus grands maîtres. "L'art est un mensonge", disait Picasso et ce mensonge« nous fait comprendre la vérité" , ajoutait Orson Welles.

Guy Ribes, derrière le masque du faussaire du menteur et du maquilleur, dégage une évidente vérité. La sienne.

A noter : la sortie prochaine du film "Un vrai faussaire ", réalisé par Jean-Luc Léon sur Guy Ribes. Ce long-métrage sortira prochainement en salles au cinéma, probablement d’ici la fin de l’année, distribué par Pretty Pictures.

Jean Baptiste Perretié-Guy Ribes, autoportrait d'un faussaire
Jean Baptiste Perretié-Guy Ribes, autoportrait d'un faussaire © Presse de la Cité / Jean-Baptiste Perretié

et le livreGuy Ribes , avec Jean Baptiste Perretié

Autoportrait d'un faussaire

Éditions Presses de la Cité

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