Première exposition à lui être consacrée depuis 15 ans, la magnifique rétrospective est l’événement de cette fin d'année.Et son titre, « La couleur de mes rêves », qui reprend celui d’une de ses toiles de 1925, nous donne le meilleur des indices pour déambuler, émerveillé.é , parmi les quelques 150 œuvres présentées

"Il y avait une grande fraternité entre la peinture de Miro et la poésie surréaliste, ...les poètes furent les premiers à avoir compris Miro, nous avions compris tout à coup qu'il nous apportait un sang nouveau "

C’est en 1974, à l’occasion du 81ème anniversaire de Joan Miro que Philippe Soupault s’exprime ainsi. Accrochées dans les plus grands musées, les toiles les plus célèbres du peintre catalan, reproduites à des millions d’exemplaires, ornent partout les murs des écoles, réputées offrir aux enfants un regard naïf, magique, sur le monde. Assimilé alors aux surréalistes, Miro fut certes profondément influencé par cette mouvance, découverte lorsqu’il s’installe à Paris en 1921. En ce sens qu’elle lui offrit alors, comme il le dit lui-même, « une délivrance », la possibilité d’aller « au-delà de la peinture » . « Le fauvisme, le cubisme ne m’avaient apporté que des disciplines formelles sévères » expliqua-t-il plus tard, « le surréalisme m’a ouvert un univers qui justifie et apaise mon tourment. »

La splendide rétrospective du Grand Palais nous permet de mieux comprendre ce que fut, justement, la conquête obstinée et solitaire de ce chemin original que Joan Miro décida très tôt d’emprunter. Et son titre, « La couleur de mes rêves », qui reprend celui d’une de ses toiles de 1925, nous donne le meilleur des indices pour déambuler, émerveillé, parmi les quelques 150 œuvres qui retracent, de 1912 à 1975, la trajectoire unique, poétique, incroyablement libre, d’un artiste charnellement lié à la terre et au cosmos. Une œuvre souvent plus sombre et violente qu’on ne le croit. C’est Jean-Louis Prat, qui devint son ami lorsqu’il dirigeait la Fondation Maeght à St Paul de Vence entre 1969 et 2004, qui est le commissaire de cette exposition à voir jusqu’au 4 février.

Le site du Grand Palais

j'ai senti que les surréalistes allaient au delà de la peinture, c’était une délivrance.... mais je n'ai jamais accepté que l 'on me colle une étiquette...  -Joan Miro 

Au XXeme siècle, 2 artistes inventent un langage tout à fait nouveau: Fernand Léger et Miro qui a le besoin- à travers un langage qui n'est  ni abstrait ni figuratif - d'inventer un nouvel alphabet qui sert à créer quelque chose que l'on ne connaissait pas -Jacques Dupin

Jamais [je ne travaille] à partir d'une toile qui sort de chez le marchand de couleurs. Je provoque des accidents, soit en nettoyant les brosses, soit en faisant une tache de couleur, ou une forme, n'importe quel accident. [...] Un point de départ, un choc. Je pars toujours du choc. Joan Miro

Les archives de l'INA

Les voix de Philippe Soupault  Miro, et jacques Dupin ainsi que les lectures sont extraits des émissions suivantes: 

Le 81e anniversaire de la naissance de Joan MIRO  -Les après-midi  de France Culture  24/05/1974 par Pierre Descargues 

Les témoins  22/04/1971  par Jean- Jacques  Lévêque , un entretien à réécouter dans son intégralité  ICI 

_Couleurs de ce temps 19/01/1951  par Georges Charbonnier,_un entretien à réécouter dans son intégralité  ICI 

L'ART EST LA MATIÈRE  par Jean de Loisy 16/09/2018

Une vie, une œuvre  17/06/2001 

La programmation musicale

Miles Davis -Musique du film "Ascenseur pour échafaud "  

Les invités
  • Jean-Louis PratCommissaire d’exposition , ancien directeur de la Fondation Maeght
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