Ce soir, Frédéric Laffont est l'invité de l'Humeur Vagabonde, pour présenter la série documentaire "Liban, des guerres et des hommes" diffusée sur France 5

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liban © Frédéric Laffont pour France 5

Assad Chaftari est un homme d’affaires chrétien libanais. Adolescent en 1975, la guerre qui éclate soudain entre factions libanaises et palestiniens réfugiés, l’aspire très tôt. Aujourd’hui, dans Beyrouth où les buildings flambants neufs effacent les dernières traces de ces quatorze années sanglantes, il se souvient avec précision de la machine à tuer qu’il était devenu, de la haine envers « ceux d’en face » qui l’habitait, de sa soif jamais assouvie de sang et de cruauté. Quarante cinq ans plus tard le Liban est-il vraiment en paix ? Certes les combats ont cessé, mais les assassinats se poursuivent tandis que la Syrie et Israël, ses puissants voisins, soufflent toujours sur les braises.

Le Liban n’est pas plus grand que le département de la Gironde, mais dans notre imaginaire il tient une place immense. Frédéric Laffont y est passé maintes fois depuis ses vingt ans pour y filmer le quotidien des hommes et des femmes pendant les combats. Son attachement aux paysages et aux diverses communautés l’y ramène sans cesse. Il en a rapporté une série documentaire absolument magnifique, « Liban, des guerres et des hommes », trois films de 52’ chacun, qui seront diffusés sur France5 le dimanche soir à 22h à partir du 27 janvier. Des anonymes y racontent ce que furent ces années terribles et les traces qu’a laissé ce conflit dans leur vie. On y voit ce Beyrouth d’aujourd’hui, débordant de vie, de laideur moderne et de beauté ancestrale, la lumière et la vibration qui le rendent si attachant.

Episode 1 : 1975-1982 (diffusé le dimanche 27 janvier à 22h)

Dans ce premier épisode, les Libanais rappellent comment des hommes et des femmes ordinaires prennent les armes. Pour certains, la guerre est un passage à l’âge adulte, presque un jeu. Elle semble alors être la solution aux problèmes du pays. Très vite, deux camps s’opposent : une ligne de démarcation coupe Beyrouth en deux secteurs. Les francs-tireurs prennent position. C’est le temps des barrages, des disparitions et des premiers massacres. Au fil des années, la haine et la peur grandissent. Les alliances se font et se défont. Syriens et Israéliens envahissent le Liban. On aménage la vie quotidienne comme on peut, on vit avec la mort et on finit par s’inquiéter quand c’est calme.

Episode 2 : 1982-1990 (diffusé le dimanche 3 février à 22h)

Les Libanais reviennent sur l’embrasement général du pays. La ville de Beyrouth est envahie par les soldats israéliens. Assassinat du président Bachir Gemayel, massacre des Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila… Les alliances du passé explosent comme les voitures piégées. Premiers otages occidentaux, la communauté internationale se retire. Après avoir tiré sur celui d’en face, on tire sur le voisin de sa rue, puis sur celui de son immeuble. On tire enfin sur son frère. « L’arme n’est plus un outil, elle devient mon cerveau. » Le chaos touche toutes les communautés qui s’entre-déchirent. « Ce n’est plus une guerre, mais un vaste crime. » Premiers accords de paix, par épuisement. Le pays est en ruine.

Episode 3 : 1990-2012 (diffusé le dimanche 10 février à 22h)

Dans ce dernier épisode, les Libanais racontent la reconstruction de Beyrouth en rasant le passé. Pas de manuel scolaire pour raconter l’histoire. Les pierres reçoivent plus d’attention que les êtres. Des guerres encore. Fin des occupations israélienne (2000) et syrienne (2005). Assassinat de Rafic Hariri. D’autres lignes de démarcation, invisibles, séparent encore les Libanais. Crainte d’une reprise de la guerre. Printemps arabe, révolution en Syrie, « le Liban est au cœur du volcan ». Des ex-combattants de différentes confessions disent non aux armes et oui au dialogue. ­S’esquisse enfin la nécessité vitale de vivre avec l’autre.

Avec le reportage de Gladys Marivat, en compagnie de Zeina Abirached, auteure et illustratrice de romans graphiques

hirondelles
hirondelles © Editions Cambourakis

Née à Beyrouth en 1981, Zeina Abirached a grandi pendant la guerre du Liban, à l'est de la capitale. En 2004, elle est venue vivre en France, à Paris, pour étudier à l'Ecole supérieure des Arts Décoratifs et commencer l'écriture une oeuvre autobiograhique publiée aux éditions Camourakis (Je me souviens , 38 rue Youssef Semaani , Le jeu des hirondelles... ) qui nous parle de son enfance dans la guerre, d'un Beyrouth passé, vécu, perdu, retrouvé, bref éternel. De comment on se construit avec ce bagage de souvenirs, dans l'exil, la langue et le coeur entre deux amours : Beyrouth et Paris.

Les liens

Présentation de la série et entretien avec Frédéric Laffont sur le site de France 5

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