La réalisatrice Dominique Cabrera ainsi que Kamel Kadri et Alain Demaria, deux jeunes comédiens non professionnels époustouflants, sont au micro de Kathleen Evin.

Image extraite du film "Corniche Kennedy" de Dominique Cabrera (sortie en France le 18 janvier 2017)
Image extraite du film "Corniche Kennedy" de Dominique Cabrera (sortie en France le 18 janvier 2017) © Jour2fête

Du haut des rochers qui surplombent l’azur le long de la Corniche Kennedy, des adolescents, venus des quartiers excentrés de Marseille, bravent le danger en plongeant dans la mer, parfois à plus de dix mètres de haut. Les policiers ont beau les courser, les raisonner, rien n’y fait. L’adrénaline, le sentiment énivrant de braver l’interdit et aussi l’appartenance au groupe qui les met au défi, sont plus forts que la peur des conséquences. Depuis la terrasse de la villa cossue où elle vit, Suzanne les épie au lieu de réviser son bac. Fascinée, puis envieuse de cette liberté fanfaronne, elle va s’approcher et, pour être acceptée, devoir surmonter sa peur du vide. Deux des garçons, les inséparables Marco et Mehdi, vont se laisser charmer par la petite bourgeoise. Mais une équipe des stups les surveille, espérant, en faisant pression sur eux, faire tomber des trafiquants de drogue dont ils sont proches.

Baigné par l’éblouissante lumière de la Méditerranée, illuminé par la beauté sauvage et glorieuse des corps des jeunes acteurs, « Corniche Kennedy », réalisé par Dominique Cabrera à partir du livre de Maylis de Kerangal, est un film que l’on voudrait conseiller à tous ceux que l’on aime. D’une intelligence attentive, loin des clichés misérabilistes et sans jamais verser dans la peinture sociale, il nous émeut mais a l’élégance de nous laisse penser par nous-mêmes. Tourné exclusivement en extérieur, en lumière naturelle, avec de jeunes marseillais sans aucune expérience d’acteur, mais incroyablement doués, Corniche Kennedy explose de vie, de spontanéité, de douleur et de force. Lola Creton et Aîssa Maïga, qui leur donnent la réplique, sont également formidables.

Alain Demaria et Kamel Kadri, qui interprètent à l’écran les deux amis Mehdi et Marco, sont aujourd’hui, avec la réalisatrice Dominique Cabrera, les invités de l’Humeur Vagabonde.

Programmation musicale

  • William Z Villain: Anybody gonna move
  • Extrait de la B.O du film Lettre à Belize, écrite par Kamel Kadri et composée par Imhotep ( du groupe IAM)
  • Massive Attack : Ritual Spirit

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Corniche Kennedy, un film France Inter

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