Monteverdi, éternellement jeune pour le maître William Christie, est celui qui a officiellement ouvert l’ère du baroque, avec son Orfeo en 1607. Luigi Rossi, bien moins connu aujourd’hui, mais qui, parmi ses 300 cantates de chambre, a écrit des merveilles, nous fut importé d’Italie par le cher cardinal Mazarin qui avait, on le sait, fort bon goût en matière d’art. Tous deux ont écrit beaucoup de musique sacrée sur des textes qui, avec une précision cruelle, nous renvoient à la fragilité de nos existences, préoccupées de futilités matérielles, alors même que la mort est déjà au travail dans nos corps.

Karen Vourc'h
Karen Vourc'h © Radio France

Geoffroy Jourdain , qui dirige l’ensemble Les Cris de Paris, a imaginé un spectacle autour de ce discours des Vanités au XVIIè siècle, qui mêle chant polyphonique, musique, lecture et video. « Memento Mori » sera donné lundi prochain, 26 mars, aux Bouffes du Nord à Paris, puis le 28 à Dijon, le 29 à Besançon, le 31 à Quimper. On y entendra des cantates et madrigaux de Rossi et Monteverdi, un sermon de Bossuet sera lu par Benjamin Lazar, metteur en scène de beaucoup d’opéras baroques comme Cadmus et Hermione à l’Opéra Comique, et Clément Cogitore a signé la video. La soprano Karen Vourch, qui y chantera notamment le sublime lamento d’Arianna de Monteverdi, ainsi que Geoffroy Jourdain sont, ce soir les invités de l’Humeur Vagabonde qui a glissé ses micros indiscrets –grâce à Olivier Leroux- dans la répétition d’hier qui avait lieu au centre de musique baroque de Versailles.

Le reportage de Vinciane Haudebourg :

Questionnaire de la Vanité avec Benjamin Lazar.Benjamin Lazar participe au concert "Memento Mori" en tant que récitant avec une lecture du "Mauvais Riche", sermon que Bossuet prononça au carême du Louvre le 5 mars 1662 devant le roi.Pour l'occasion, je lui ai confectionné un questionnaire de la vanité auquel il a répondu et dans lequel on découvre entre autre quel instrument traduit au mieux pour lui la fragilité de l'existence, quelle utilité il ferait d'un crâne humain, ou quelle musique il aimerait faire jouer à son enterrement.

Benjamin Lazar
Benjamin Lazar © Nathaniel Baruch

La programmation musicale :

- Luigi Rossi, Ô Cecita

- Monteverdi, Ô Ciechi ciechi

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