publie Une allure folle aux éditions des Equateurs

Isabelle Spaak-Une allure folle
Isabelle Spaak-Une allure folle © Editions des Equateurs
A l’adolescence, les enfants, on le sait, deviennent les procureurs impitoyables de leurs parents. C’est une loi du genre humain, contre laquelle on tente de se blinder en se répétant que cela passera avec le temps, qu’en devenant adulte, puis parent à son tour, confrontée à ses premiers accommodements avec la réalité, à ses premières défaillances par rapport à son idéal de jeunesse, notre progéniture nous regardera avec davantage d’indulgence. Et elle le fera, la plupart du temps, si elle peut admettre que nous avons fait de notre mieux. Mais comment rejoindre enfin, sur ce terrain apaisé, une mère, un père, s’ils ont disparu en cours de route, sans avoir le temps de répondre aux questions, sans permettre à leurs enfants de boucler la boucle, de les voir enfin tels qu’en eux-mêmes, et de les accepter ainsi ? Chercher des réponses fournit la pratique des psychothérapeutes et nourrit la vocation d’écrivain. **Isabelle Spaak** avait 20 ans lorsqu’elle perdit ses parents. Dans un livre publié en 2004, ironiquement intitulé _ça ne se fait pas,_ elle a raconté le dénouement terrible de leur trente ans de mariage, le 18 juillet 1981, lorsque sa mère, Annie, assassina son père, Fernand, rejeton d’une grande famille de politiques et de diplomates, avant de se suicider, ne pouvant pas supporter la fin de leur amour. Un livre qu’elle avait entrepris pour se sortir de ce drame et échapper au silence que la famille Spaak avait imposé là-dessus. Aujourd’hui c’est vers sa mère et sa grand-mère qu’elle revient, dans un livre où elle a su allier avec une grande élégance le récit intime et la peinture d’une époque. Portrait de deux femmes qui tentent de s’élever dans la bonne société bruxelloise alors que l’aînée est ce qu’on appelait alors « une cocotte » et sa fille « une bâtarde ». _**Une allure folle**_ vient de paraître aux éditions des Equateurs **Isabelle Spaak est, ce soir, l’invitée de l_’Humeur Vagabonde_** ### **Le reportage de Léa Minod** Léa Minod est allée à la rencontre d’une jeune femme, [Sonia Ringoot,](http://www.soniaringoot.com/) fille d’agriculteurs normands. Et pourtant son nom de famille Ringoot sonne flamand avec ses deux O. Alors elle a voulu comprendre d’où elle venait. Une histoire de migration après la première guerre, entre la France et la Belgique. Quand de nombreux flamands sont venus s’installer en Normandie, pour exploiter les grandes fermes. Une histoire dont les seules traces que l’on trouve encore sont les noms flamands de ces grandes exploitations normandes. Pendant cinq ans, elle a recueilli des centaines de témoignages de cette migration, avant que la mémoire ne s’éteigne. Elle en a fait un documentaire sonore, [En quête de terre](http://www.enquetedeterre.org/) qui a reçu le prix Pierre Schaeffer en 2011 et dont on entend quelques extraits. Cette vaste enquête a fait aussi l’objet d’un [livre](http://www.soniaringoot.com/?page_id=219)_En quête de terre, des belges en Normandie_ paru aux éditions Orep et d’un [documentaire](https://vimeo.com/107902306) qui sera diffusé sur France 3 Normandie à la rentrée prochaine.
Sonia Ringoot en quête de terre
Sonia Ringoot en quête de terre © Sonia Ringoot
**__**
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.