Pour le 4ème volet de Heimat-1.Chronique d'un rêve/2.L'exode , présenté hors compétition à à la Mostra de Venise 2013 (en salles le 23 octobre)

Edgar Reitz-Heimat
Edgar Reitz-Heimat © Radio France / Edgar Reitz Filmproduktion München

En 1842 et 1843, dans le village de Schabbach, minuscule hameau de la province du Hunsrück située entre la Rhénanie et le Palatinat, le fils cadet du forgeron, Jacob Simon est un rêveur. Toujours le nez dans un livre, il ne vit que pour son projet d’établissement au Brésil. Il a même réussi à apprendre certains dialectes des Indiens de la forêt amazonienne et entretient une correspondance avec le grand savant Alexander von Humboldt. Autour de lui on le prend pour un gentil garçon pas bien dégourdi, et son père le frappe régulièrement pour l’obliger à travailler à la forge et aux champs. Ces années-là les hivers sont particulièrement rigoureux, les récoltes bien maigres et la diphtérie fauche les jeunes enfants. Les propriétaires terriens, arrogants, ont rétabli les privilèges que l’occupation française avait supprimés. Mais les idées républicaines, et l’école gratuite ont ensemencé les esprits de la nouvelle génération.

Heimat , même ceux qui n’ont pas vu les 56 heures de feuilleton télévisé ou les trois volets sortis au cinéma, savent que le cinéaste Edgar Reitz a consacré plus de trente ans de sa vie à la réalisation de ces films qui retracent l’histoire de l’Allemagne, de 1900 aux années 2000, par le prisme d’une famille originaire de ce village imaginaire de Schabbach. Evènement national, lors de sa diffusion à la télévision dans les années 80, Heimat a été traduit, depuis, jusqu’en Chine. A la fin du 3è volet, qui s’arrêtait à la réunification allemande, Edgar Reitz avait dit que l’aventure était achevée. Et voilà que dix ans après, un 4ème Heimat déboule sur nos écrans. Préhistoire de la saga de la famille Simon, cet opus de quatre heures est un tour de force cinématographique qui se dévore d’un souffle. D’une beauté et d’une intelligence rares, le film, tourné dans un noir et blanc somptueux, parfois illuminé d’une touche de couleur, est un hymne à la force des rêves et au courage des hommes simples.

Edgar Reitz est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde . Bernard Mangiante, qui signe les sous titres français de Heimat , sera notre interprète.

Le reportage de Judith Soussan : « Sehnsucht… »

Sehnsucht , c’est le mot qui apparaît dans le titre original du premier volet d’Heimat, Kronik einer Sehnsucht – qui devient en français « Chronique d’un rêve ». Le rêve de Brésil, le rêve d’ailleurs.

Mais le mot Sehnsucht , intraduisible, signifie bien davantage que « rêve » : il désigne tout à la fois la nostalgie et le désir, l’aspiration et la langueur ; et toujours au centre, il y a le manque...

Merci à Stéphane et à Karim pour leurs témoignages et leur confiance

Avec des archives, et un extrait du film " Récits d'Ellis Island" de Georges Perec et Robert Bober.

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