Rhinocéros Eugène Ionesco mise en scène Emmanuel Demarcy-Mota assistant à la mise en scène Christophe Lemaire scénographie Yves Collet avec la collaboration de Michel Bruguière lumières Yves Collet musique Jefferson Lembeye costumes Corinne Baudelot maquillages Catherine Nicolas avec Hugues Quester, Serge Maggiani, Valérie Dashwood, Jauris Casanova, Pascal Vuillemot, Stéphane Krähenbühl, Philippe Demarle, Ana Das Chagas, Sandra Faure, Charles-Roger Bour, Benjamin Egner, Olivier Le Borgne Pirandello, Melquiot, Ionesco… Débarrassant de leur folklore les Six Personnages en quête d’auteur Emmanuel Demarcy-Mota, en octobre 2001, mettait en lumière la mystérieuse mécanique du théâtre, de la représentation, du jeu. En mars 2004, avec Ma vie de chandelle, de Fabrice Melquiot, il continuait d’explorer la fuyante frontière entre vie privée et vie publique, entre celle que l’on garde pour soi, en soi, et celle qui s’affiche, à travers laquelle on est vu et jugé, et qui finit par dévorer l’autre. Celle qui se propose aux adeptes de la télé-réalité ou simplement à l’entourage. Ainsi étaient abordés les mystères du voyeurisme ordinaire qui fragilise tant les rapports humains et conduit presque naturellement à des comportements standards. D’où, pour sa nouvelle mise en scène, le choix de Rhinocéros, ou les mésaventures de Béranger, antihéros porte-parole d’Ionesco, sorte de Candide alcoolisé et débraillé, confronté à un étrange phénomène : la métamorphose progressive de toute une population en “bêtes immondes”, en rhinocéros. Ionesco fonce à coups de sarcasmes rageurs dans la soumission fataliste aux idéologies majoritaires qu’engendrent les totalitarismes, fascistes ou communistes, puisque aussi bien il venait de Roumanie. Alors aujourd’hui, pourquoi un trentenaire éprouve-t-il le besoin de plonger dans cet univers ? Pourquoi revenir aux racines du Théâtre de l’Absurde ? Pourquoi affronter des problèmes qui ne se posent plus de la même manière ? « Justement parce que j’étais débarrassé du contexte historique, j’ai pu lire Ionesco avec autant de curiosité que du Melquiot par exemple. Je l’avais en quelque sorte découvert il y a un peu plus de dix ans. Déjà j’avais été frappé par son invention d’écriture, en totale rupture avec les modèles de son époque, comme a pu l’être Pirandello. La rupture, c’est ce qui m’intéresse au premier chef. « Quand je me suis replongé dans l’œuvre d’Ionesco, je l’ai redécouvert comme si je ne le connaissais pas. Bizarrement, on continue de monter Beckett, et lui, presque plus, à l’exception de La Cantatrice chauve et La Leçon qui poursuivent leur inébranlable carrière. Pourtant il demeure un auteur gigantesque. Et Rhinocéros est une œuvre essentielle. Elle dévoile quelque chose d’extrêmement fort : l’obsession de l’image, de sa propre image que l’on a de l’autre. Et cette tendance à l’uniformisation qui nous menace tous, qui existe en chacun, qui concerne chaque individu. C’est vrai, tout le monde finit par se ressembler, et jusqu’à dire les mêmes choses. Notre temps est celui du formatage, ce n’est pas seulement une histoire de société de consommation. « Le danger est aujourd’hui plus secret, insidieux, pernicieux, qu’au temps de la guerre froide. On a du mal à détecter là où il se terre. Comment y échapper, comment trouver en soi le lieu du débat, de la contradiction ? Que proposer d’autre, même au risque de se tromper ? Jour après jour la question se pose. « Ionesco joue avec le fantasme de destruction de notre monde bien organisé qui en un instant peut exploser. Rhinocéros se crispe autour d’une immense angoisse intérieure. Mais le plus étonnant, le plus passionnant, est la façon évidente dont cette angoisse se mêle aux glissades délirantes de l’écriture, à la loufoquerie d’Ionesco, à son génie du syllogisme, à la virtuosité des répétitions, des dérapages… « Cet homme est un grand dramaturge. La construction de ses pièces offre de l’espace à l’invention, installe un climat d’étrangeté qui empêche de se laisser couler dans les habitudes. Et derrière la drôlerie, la folie, les égarements de l’absurde, existe une vraie tension, une vérité indéniable, dérangeante, quelque chose de profondément humain. »

1echo des dernières répétitions de Rhinocéros et interview de Valérie Dashwood, Serge Maggiani et Hugues Quester

invité(s)

Emmanuel Demarcy-Mota

Metteur en scène### programmation musicale

The Sparks

This town ain't big enough for both of us ### Brigitte Fontaine

Le nougat ### Laetitia Sheriff

Roses ### Arthur H

Padam padam

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