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Jérôme Ferrari pour _Où j’ai laissé mon âme_ (Actes Sud). En 1996 Hélie Denoix de Saint Marc venait de publier ses passionnants mémoires, « les champs de braise ». Il avait accepté de revisiter avec moi les étapes importantes de sa vie d’homme juste, de chrétien, de soldat ayant, en 1961, participé au putsch des généraux à Alger. Ce qu’il paya d’une condamnation à dix ans de forteresse. Résistant à 19 ans, dénoncé, torturé, déporté à Buchenwald, revenu d’entre les morts, Denoix de Saint Marc avait combattu en Indochine avec la Légion étrangère et juré, alors, de ne plus jamais trahir sa parole en abandonnant les populations et les soldats qui avaient soutenu les Français. Une promesse qui le rattrapa en Algérie sept années plus tard. Jérôme Ferrari était professeur de philo au lycée d’Alger, alors en proie aux attentats et aux assassinats, lorsqu’il voit, en 2002, le formidable film de Patrick Rotman, « l’ennemi intime » qui donne la parole à des anciens combattants français de cette guerre sans nom. Qu’ils aient ou non participé aux exactions, tous ont vu l’horreur en face et en demeurent imprégnés. Il choisit alors, lui qui est né bien après les accords d’Evian, d’écrire son quatrième roman sur ce thème du mal à travers la confrontation de deux voix d’officiers qui, anciens résistants et compagnons de captivité en Indochine, vont devoir livrer la bataille d’Alger au risque d’y perdre leur âme. « Où j’ai laissé mon âme » est d’ailleurs le titre de ce livre paru chez Actes Sud. Et Jérôme Ferrari est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde. ### **reportage** Judith Soussan : Alors que les anciens appelés d’Algérie éprouvent aujourd’hui le besoin de témoigner, de briser le silence, et, pour certains, de réparer pour avoir pris part à une guerre qu’ils jugeaient injuste et absurde, le temps n’est peut-être pas encore venu, côté algérien, de s’exprimer. Ainsi, lorsque je suis allée voir Rachid pour lui demander s’il pensait que son père pourrait parler à mon micro, il était enthousiaste – mais le père, lui, a dit non. Il n’est pas prêt. Alors c’est au fils qu’il revient de mettre des mots. --------------- Merci à Rachid Benouaret ; à François Le Huérou, à Daniel Dayot et Pierre Carillon (Association des anciens appelés contre la guerre) pour leurs témoignages. ## Les liens [L'Association des anciens appelés contre la guerre](http://www.4acg.org/) Créée en 2004, l’Association des anciens appelés contre la guerre (4acg) rassemble des anciens d’Algérie qui ont décidé de consacrer leur pension d’anciens combattants à des actions de paix et de témoignage.
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