Une femme, assise à son bureau, écrit, rêve, écoute philosopher Céleste, sa femme de ménage, et regarde voleter une pie sur son balcon. C’est un écrivain. Si elle ouvre la radio, elle entend des discours préfabriqués. Si elle marche dans les rues, elle voit des solitudes, des douleurs, de l’indifférence. Et cela la fait sans cesse trébucher. Pleine de bonne volonté, elle tente de transmettre à son fils, Nelson, ce qu’une bonne mère est supposée transmettre. Mais lui, ce qu’il aime, c’est vivre des aventures. Du genre, justement, de celles qu’adore écrire un écrivain. Alors elle met de côté, courageusement, ses doutes, ses angoisses, et, oubliant, une fois de plus d’aller acheter un aspirateur à Céleste, elle part à la recherche du mode d’emploi de la vie, la main dans celle de son fils.

Geneviève Brisac
Geneviève Brisac © Alma

C’est gai et triste tout à la fois, plein de tendresse et de cruauté, d’optimisme et de mélancolie, on y croise Kafka, Perec, Virginia et Rosa, des chats de toutes les couleurs, des photos à imaginer, Didon et Jonathan Safran Foer, Gauguin, Van Gogh et un rat blanc. « Moi, j’attends de voir passer un pingouin » de Geneviève Brisac vient de sortir chez Alma éditeur, avec une belle couverture signée Nadja et, croyez moi, c’est exactement le livre qu’il vous faut pour vous remettre de cette étrange soirée d’hier, entre pluie et soleil, et pour affronter avec courage les quinze jours à venir. Geneviève Brisac, étonnante raconteuse d’histoires, sait mettre les mots qui font mouche sur ces choses de la vie que nous n’osons plus nommer.

Le reportage de Julien Cernobori :

reportage au cimetière canin d’Asnières. C’est une presqu’ile sur la Seine constellée de petites tombes de chiens. Au début ça fait rire tout ce kitch mais très vite on se rend compte que c’est un redoutable miroir pour l’humanité. Sur les stèles de marbre on lit le besoin d’amour, de fidélité, la nécessité de s’occuper d’un être vivant, et puis la perte, la nostalgie, le souvenir, la solitude. Et aussi toute l’imagination et la poésie mises en œuvre pour soigner la peine.

Pupuce
Pupuce © Julien Cernobori

La programmation musicale :

- Norah Jones, Happy Pills

- Elena Frolova, les noces d'hiver

- Berry, Si c'est la vie

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