Jusqu'au 22 mai,on peut admirer au Louvre 12 parmi les 37 toiles répertoriées de Johannès Vermeer, une occasion qui ne s’était pas présentée en France depuis 1966

"Vermeer et les maîtres de la peinture de genre" au Musée du Louvre du 22 Février au 22 Mai 2017
"Vermeer et les maîtres de la peinture de genre" au Musée du Louvre du 22 Février au 22 Mai 2017 © AFP / François Guillot

Daniel Arasse, qui publia en 1993 L'ambition de Vermeer, met de bien jolis mots sur ce trouble exaltant qui nous saisit devant les peintures du Maître de Delft.

Tout ce qu’il peint est pourtant on ne peut plus banal : une servante verse du lait dans une jatte, une jeune femme, devant son miroir, noue les rubans de son collier de perles, une autre, à une table, rédige une lettre. Rien qui puisse expliquer, en apparence, l’attraction douce et violente qui nous immobilise dans une lente et rêveuse contemplation. Nous nous sentons comme appelés dans la scène qui prend vie sous nos yeux et alors la magie opère. Nous voyons la lumière, cristalline, qui sublime les chairs et les soieries ; nous entendons, vraiment, le silence méditatif qui enveloppe les personnages, plongés dans des pensées que nul indice grossier ne nous révèle ; nous entrons doucement dans un mystère où notre rêverie seule nous guide. Vermeer est un ensorceleur.

Depuis quelques semaines on peut admirer au Louvre douze parmi les 37 toiles répertoriées de Johannès Vermeer, une occasion qui ne s’est pas présentée à Paris depuis l’exposition de 1966 à l’Orangerie.

Elles sont installées côte à côte avec une soixantaine d’œuvres de ses contemporains, Gerard Ter Borch, Gabriel Metsu ou Frans Van Mieris, autres maîtres hollandais de la peinture de genre. Accrochage passionnant qui permet de retrouver les thèmes récurrents, les emprunts des uns aux autres, les imitations et les réponses.

Mais, en dépit des merveilles que l’on y découvre, signées Jan Steen, Nicolas Maes ou Pieter de Hooch, la peinture de Vermeer domine, par son scintillement mystérieux, tous les autres.

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre est à voir jusqu’au 22 mai. Si vous parvenez à vous faufiler dans ces salles du Louvre qui connaissent un afflux historique. Blaise Ducos, qui est le commissaire de cette sublime exposition, est aujourd’hui l’invité de l’Humeur Vagabonde.

► L'EXPO | En savoir plus sur l'exposition Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, une exposition dont France Inter est partenaire

► L'EXPO | Réserver ses tickets pour l'exposition Vermeer et les maîtres de la peinture de genre

► (RE)ECOUTER | la précieuse série Histoire de peinture de Daniel Arasse, diffusée sur France Culture

"La Dentellière". Peinture de Johannes Vermeer de Delft (1632-1675), vers 1658-1660. Huile sur toile. Dim : 0,24x0,21m. Musee du Louvre
"La Dentellière". Peinture de Johannes Vermeer de Delft (1632-1675), vers 1658-1660. Huile sur toile. Dim : 0,24x0,21m. Musee du Louvre © AFP / Leemage

Reportage : Ce que les toiles de Vermeer ont à nous dire

Gaëlle Josse a un rapport particulier avec Vermeer. Elle a vécu et grandit avec ses peintures en tête ; elle en parle dans Entre deux songes, un texte qui vient de paraître aux éditions Invenit.

Elle y parle d’une toile de Vermeer, La jeune fille assoupie, dans laquelle elle se plonge, cherchant à déchiffrer les liens mystérieux qui se nouent entre une œuvre et celui qui la reçoit.

« Sait-on jamais ce qui va nous parler, nous saisir, nous happer dans un tableau ? C’est le plus souvent à notre corps défendant que nous nous trouvons touchés, au propre comme au figuré, par ce qu’un artiste a fait naître un jour dans le secret de son atelier. C’est cette part d’impalpable qui nous met en face d’une partie de nous-mêmes, sans résistance possible, pour des raisons parfois obscures, jusqu’à ce que nous comprenions ce que le tableau tente de nous dire. »

Allons donc écouter, avec Elsa Daynac, ce que les toiles de Vermeer ont à nous dire.

La programmation musicale :

Chet Baker :GreyDecember

Gonzales :Whithe Key, instrumental

Bjork : Pagan Poetry

Les archives de l'I.N.A. :

La voix de Daniel Arasse est extraite des émissions suivantes:

Du jour au lendemain du 28 décembre 1993

Histoires de peintures 15/08/2003

Jean CLAIR:Réflexions autour de "La peseuse de perles" ( ou « Femme à la balance ») Clé de soi 06/04/1989

Tsvétan TODOROV:Vermeer et l’éloge de la peinture -L’Humeur vagabonde 03/11/2009

L'Humeur vagabonde vous conseille également :

La pièce Notre classe , à voir jusqu'au 10 Mai 2017 à La Cartoucherie, ( théâtre de l' Épée de Bois-Paris ) , d’après un texte de Tadeusz Slobodzianek mis en scène par Justine Wojtyniak.

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