pour Vie ou Théâtre ? opérette de Charlotte Salomon, aux éditions Le Tripode

Frédéric Martin-Vie ou Théâtre de Charlotte Salomon
Frédéric Martin-Vie ou Théâtre de Charlotte Salomon © Le Tripode / Frédéric Martin - Charlotte Salomon

En 2006, lorsque leMusée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris proposa une exposition des gouaches de Charlotte Salomon , celle-ci n’était déjà plus, et depuis longtemps, qu'un nom perdu dans l’immensité des victimes du nazisme.

Depuis le milieu des années 1960, à partir du travail effectué par le musée juif d’Amsterdam, auquel ses parents avaient donné son œuvre récupérée après sa mort, historiens et artistes avaient popularisé l’extraordinaire destin de cette jeune femme, assassinée à Auschwitz à 26 ans.

Et Le Centre Pompidou lui avait déjà consacrée une belle exposition en 1992.

Mais il aura fallu que paraisse, l’an dernier, un petit roman d’un auteur à la mode, pour que le grand public s’intéresse soudain à cette artiste singulière qui a, durant les deux dernières années de sa courte existence, mis toute sa rage de vivre dans un millier de gouaches et de textes calligraphiés relatant sa vie bouleversée par les deuils et la guerre.

Fille unique d’un couple de la bourgeoisie juive assimilée, Charlotte a grandi dans le Berlin sombre et bouillonnant de l’entre-deux guerres. Dans sa famille maternelle, une multitude de suicides dénote une mélancolie héréditaire, et sa propre mère se jettera par la fenêtre alors qu’elle n’a que huit ans. Mais c’est en 1940, réfugiée à Villefranche-sur-Mer, qu’elle apprendra toute la vérité de la bouche de son grand père au lendemain du suicide de sa grand-mère.

C’est alors que Charlotte Salomon va décider de vivre et de devenir une véritable artiste.

Sur les 1325 gouaches qu’elle réalise dans la fièvre, elle n’en retiendra que 781 qu’elle confiera à un ami médecin quelques mois avant son arrestation.

Jusqu’ici celles-ci étaient montrées sans les calques sur lesquels le texte de Vie ou Théâtre ? avait été calligraphié. Aujourd’hui, grâce à l’entreprise un peu folle, et qu’il faut saluer, des éditions du Tripode, voici enfin l’intégralité de l’œuvre de Charlotte Salomon disponible en dehors du musée.

Cet ouvrage magnifique de 840 pages, qui pèse plus de quatre kilos, nous le devons à Frédéric Martin, directeur du Tripode, qui est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde .

Le reportage de Baptiste Etchegaray

Georg Stephan Troller, 94 ans, juif autrichien, fut un documentariste reconnu en Allemagne pour ses portraits de Parisiens dans lePariser Journal .

En 1963, bouleversé par l'histoire de Charlotte Salomon, il réalisa un documentaire en retournant sur ses traces. Il aurait pu être son petit frère : ils avaient quelques années d'écart et, comme elle, il a dû se réfugier dans le sud de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Témoignage recueilli par Baptiste Etchegaray

Georg Stephan Troller
Georg Stephan Troller © Baptiste Etchegaray / Baptiste Etchegaray

Les archives de l'INA et les extraits sonores diffusés ce soir

Nathalie Hazan-Brunet, conservatrice chargée de l'art moderne et contemporain au Musée d’art et d’histoire du judaïsme et, à l’époque, commissaire de l’exposition Charlotte Salomon

« Vie ?ou théâtre ? » c’est une opérette en images

L’importance de ma musique pour elle

ARCHIVE INA - Une vie une œuvre 05 .03 .2006 - Catherine Pont-Humbert

Christian Boltanski : Le fait de l’exposer dans les musées juifs fait d’elle une « Anne Franck » de la peinture , ce qui est faux et réducteur.

ARCHIVE INA - Une vie une œuvre 05 .03 .2006 -Catherine Pont-Humbert

Pierre Pachet : « Créer, c’est pour elle disparaître de la surface humaine », ça a donc à voir avec la mort

ARCHIVE INA - Une vie une œuvre 05 .03 .2006 -Catherine Pont-Humbert

Albert Salomon et Paula Salomon-Lindberg , père et belle-mère de Charlotte Salomon, interviewés par Georg Stefan Troller en 1963 pour lePariser Journal (WDR).

Les lectures sont faites par Sophie Dolle et ont été diffusées dans Une vie une œuvre.

Programmation musicale

- CD1 : Carl Maria von WEBER - Opéra Der Freischütz : Wir winden dir den Jungfemkranz (Acte III Scène 4) Air d'Agathe et choeur / Da bin iche wieder (Acte III Scène 5) - Carlos Kleiber, chef d'orchestre (label DGG - 2011)

- CD 2 : J-S BACH / oeuvre longtemps attribuée à Bach - Il semblerait que l'auteur véritable soit: Gottfried Heinrich STÖlZEL -Bist du bei mir BWV 508 - Paula Lindberg, soprano - extrait de Vorbei beyond recall / La vie musicale juive sous le Berlin nazi / Vol 7 (label : Bear Family Records)

- CD 3 : Christoph Willibald GLUCK - Orphée et Eurydice : J'ai perdu mon Eurydice - Acte III) Air d'Orphée - Maria Callas et Georges Pretre - Orchestre National de la RTF

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