Derrière ce vide, ce rien avancé comme un bouclier, tous les rêves et les désirs que trop d’adolescents n’osent avouer car ils les jugent impossibles. Hors de leur portée. Pas autorisés à des « gens de leur condition » -ainsi que certains le diront- et cela doit nous trouer le cœur. La France est devenue ce pays où les jeunes, en tout cas certains d’entre eux, savent très tôt qu’il vaut mieux ne pas espérer mieux, car la déception peut être mortelle. Restent l’amour, l’amitié, la famille, et, parfois, une parenthèse, une trouée dans la vie grise des cités, lorsque, parce que quelques adultes croient en eux, eux aussi, un moment, peuvent y croire.

Nous princesses de Clèves
Nous princesses de Clèves © Radio France

Sorti en 2010 au cinéma, « Nous, princesses de Clèves » de Régis Sauder, avait apporté un formidable démenti à ceux qui, en haut de l’Etat, ne cessent de décrier le rôle de la culture et des enseignants dans les quartiers dits « sensibles ». Comme si, pour ces sauvageons, destinés à végéter dans les petits boulots, la littérature classique était une perte de temps. Dans ce film émouvant et, disons-le, politique au sens noble du mot, on voit une douzaine de garçons et de filles, de 17 et 18 ans, d’un quartier Nord de Marseille, s’emparer du roman de Madame de Lafayette, avec une intelligence des situations, une inventivité, un appétit de comprendre et de s’identifier, proprement bouleversant. Régis Sauder est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Judith Soussan :

Catherine Robert, professeur de philosophie au Lycée technique Le Corbusier à Aubervilliers, est à l’origine d’une passionnante initiative, « Savoir en Liberté », un club culturel ouvert à tous les élèves qui souhaitent enrichir leur culture générale : des cycles de conférences bimensuelles où les meilleurs chercheurs dans leurs domaines respectifs – l’égyptologue Nicolas Grimal, le sociologue Christian Baudelot, ou encore l’astrophysicien Pierre Léna – viennent présenter l’état de leurs travaux et répondre aux questions des élèves ; et des sorties culturelles, au musée, au théâtre, ou encore à la découverte de grandes bibliothèques parisiennes.

Le 15 février, c’était le philosophe et épistémologue François Delaporte qui se prêtait à l’exercice. En dépit de l’urgence du moment – l’arrestation et la mise en rétention de la mère d’un élève du lycée – qui mobilisait toute l’énergie de Catherine Robert, la conférence a bien eu lieu. Entretien avec une professeur exigeante, passionnée, et en colère.

Merci à Bruno Bobkiewicz, proviseur, et à Hadidjatou, Marina et Jaurès; élèves

Catherine Robert : catherine.robert26@orange.fr

Le Blog de Savoir en liberté

http://savoirenliberte.over-blog.com/

La pétition du RESF pour la libération de Madame Shao-Ge

http://www.educationsansfrontieres.org/article41407.html

La programmation musicale :

- Selah Sie, Thos World

- Le Prince Miiaou, Tous les garçons et les filles

- Emilie Simon, Mon chevalier

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