Pour « La Douce » aux éditions Casterman

Conduire les trains ne s’apprenait pas simplement dans les manuels ni à l’école. Il y fallait, non seulement un savoir-faire pointu, mais aussi une capacité d’improvisation qui ne s’acquérait qu’après des années de fréquentation de ces grosses bêtes de métal, dotées chacune d’un caractère bien particulier. D’où, comme l’expliquait en 1996 cet ancien mécano à Zoé Varier, les surnoms donnés aux locomotives selon leur tempérament. Et, pour chaque cheminot, il y a une histoire d’amour à raconter lorsque s’ouvre la mémoire de ce temps où les trains respiraient, haletaient, sifflaient et signaient leur passage d’un panache blanc.

la douce
la douce © Radio France

Il y a quatre ans, le dessinateur et scénographe François Schuiten, qui travaille sur le futur musée du train de Bruxelles, tombe un jour nez à nez avec « la 12 », comprenez la locomotive 12.004 de la série T12 conçue en 1938 pour les chemins de fer belges par l’architecte français André Huet. Pour lui qui s’est toujours passionné pour l’univers des trains et des métros, le coup de foudre est immédiat. La 12, rebaptisé La Douce, sera l’héroïne d’un livre concocté en solo, sans son complice Benoît Peeters avec qui il nous enchante depuis 1982 de leur série « les cités obscures ». L’album vient de sortir chez Casterman.

www.12-ladouce.com pour voir l'album La douce en 3D

Le reportage de Judith Soussan :

L’univers de Sylvie Carpico est bien éloigné des locomotives et de Van Bel et pourtant, que de points communs… la passion pour un métier, l’envie de le transmettre, tandis que tout, dans la société alentour, concourt à le faire disparaître.

Sylvie Carpico est stoppeuse. Qui chez la jeune génération sait encore ce que cela signifie ? Nom mystérieux pour une activité qui consiste à faire littéralement disparaître les trous dans un vêtement, en recréant fil à fil la partie manquante.

Avec une grand-mère repasseuse, une tante remailleuse de bas et une mère elle-même stoppeuse, Sylvie a de qui tenir. Mais elle est la dernière de la famille à avoir été suffisamment douée et patiente pour apprendre et exercer ce métier qui nécessite environ 7 années de formation.

Aujourd’hui, dans un monde où un tee-shirt peut se vendre 3 euro, où consommer et jeter sont devenus la norme depuis longtemps, Sylvie est en quelque sorte à l’avant-garde de l’esprit de recyclage…

Renseignements au 01.64.49.98.95. Tarif : 10 € le centimètre.

La programmation musicale :

- Arthur H, cheval de feu

- Andrew Beard, Near death experience

- Arno, comme à Ostende

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