pour son nouveau roman Les vrais durs, traduit par Bernard Turle__

T.C.Boyle Les vrais durs
T.C.Boyle Les vrais durs © Grasset / Grasset

Retraité depuis peu de son poste de principal du lycée de Fort Bragg en Californie, Sten Stensen est parti en croisière avec sa femme en Amérique Centrale.

Alors que leur groupe est descendu à terre pour visiter un site touristique, ils sont attaqués par un gang armé qui veut les dépouiller.

Retrouvant ses réflexes d’ancien Marine, Sten parvient à tuer son chef à mains nues.

Rentré chez lui en héros, Sten se voit désormais sollicité par ses voisins, très remontés contre les immigrants mexicains clandestins, et qui envisagent de créer des patrouilles armées pour les traquer.

Dépassé mais flatté, Sten tente en vain de calmer les esprits. De son côté il est préoccupé par le comportement de plus en plus agressif de son fils, Adam, atteint de psychose délirante, et qui s’identifie à un trappeur du XIXè siècle, vivant dans les bois et traquant des aliens.

D’autant qu’Adam entretient une relation avec Sara, une femme plus âgée que lui, qui a des problèmes avec la police, car elle fait partie de ces Américains « libres » qui refusent de se soumettre aux lois, tant locales que fédérales.

Le dernier roman du Californien T.C. Boyle, Les vrais durs , traduit par Bernard Turle, vient de paraître aux éditions Grasset, comme ses livres précédents.

Prix Medicis étranger en 1997 avecAmerica, Boyle n’en finit pas de creuser, d’une plume ironique et alerte, dans les névroses de son pays.

Dans celui-ci c’est étrangement le fils dérangé, drogué, alcoolique et surarmé, qui court les bois en se prenant pour la réincarnation d’un célèbre pisteur de l’époque de la colonisation de l’Ouest, qui représente le mal américain d’aujourd’hui.

Violence, paranoïa, racisme, repli sur soi et exaltation de la liberté individuelle contre un état illégitime, on y entend l’écho de bien des discours politiques actuels de la campagne présidentielle.

Dans ce gros roman foisonnant et passionnant de bout en bout, Boyle change avec virtuosité de point de vue, nous faisant entrer dans les obsessions, les peurs, les lâchetés, de chaque personnage.

Et Sten Stensen, son héros malgré lui, finira par devoir admettre qu’il est fatigué de tout ce cinéma.

T.C. Boyle est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde. Xavier Combe sera notre interprète.

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