Lena Herzog s’empare de ce sujet et crée "Last Whispers", un oratorio immersif qui nous fait entendre en son binaural ces voix, pour la plupart éteintes, que l’on reçoit comme la lumière d’étoiles mortes, mariées au bruit du vent, et à des images de forêt, de fleuves et de ciel ennuagé : 50 minutes d’émotion pure.

Lena Herzog, artiste plasticienne et photographe au MOMA le 7 novembre 2018 à New York.
Lena Herzog, artiste plasticienne et photographe au MOMA le 7 novembre 2018 à New York. © AFP / Bennett Raglin / GETTY IMAGES AMERIQUE DU NORD

Peut-on s’imaginer vivre un jour dans un monde où tout le monde parlera en globish, ce jargon bien suffisant pour consommer et obéir à son patron dans un monde dominé par le capitalisme international qui brûle les forêts pour y cultiver de quoi faire rouler ses grosses bagnoles ? le linguiste Claude Hagège nous le répète avec colère et d’angoisse : laisser mourir les langues des hommes – l’une d’elles, on le sait, s’éteint chaque semaine faute de locuteurs en vie – c’est perdre de notre humanité, appauvrir notre culture, et abdiquer de notre liberté face à l’argent-roi. L’ONU et l’Unesco ont fait de 2019 l’année internationale des langues autochtones. Aujourd’hui environ 7000 existent encore, mais la moitié d’entre elles auront disparu d’ici la fin du siècle.

Le savoir est une chose, mais le ressentir charnellement, l’entendre, le voir est bien plus important. Et seul un artiste peut nous amener à ce stade supérieur de la conscience. Lena Herzog est connue à travers le monde par ses photos et ses documentaires. Elle nous propose aujourd'hui une expérience radicalement nouvelle en nous immergeant dans un spectacle sonore et visuel, onirique et bouleversant, intitulé Last Whispers, oratorio for Vanishing Voices, Collapsing Universes & A Falling Tree. Son film nous fait entendre en son binaural ces voix, pour la plupart éteintes, que l’on reçoit comme la lumière d’étoiles mortes, mariées au bruit du vent, et à des images de forêt, de fleuves et de ciel ennuagé, 50 minutes  d’émotion pure qui ont été déjà partagées dans le cadre du Festival d’automne au Théâtre de la Ville ces jours-ci, et que vous pourrez encore voir le 7 décembre à la Maison de la Musique à Nanterre.

A l'occasion de la création de ce spectacle, un site (en anglais ) est consacré au projet Last Whispers

Le spectacle, dans le cadre du programme « L’automne au Lycée », se déplace dans les lycées : 

Projection/écoute au casque en son binaural Introduction puis débat avec les lycéens:
* Jeudi 28 novembre 2019, Lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny-sur-Orge (91)
* Vendredi 29 novembre 2019, Lycée Bergson à Paris (75)

*Janvier 2020, Lycée Madeleine Vionnet à Bondy (93)

*Mercredi 26 février 2020, Lycée Cognacq-Jay à Argenteuil (95)  

*Jeudi 27 février 2020, Lycée Colbert à Paris (10e)

Extraits de l'entretien avec Lena Herzog:

"L'extinction des langues et des cultures est un marqueur de ce qu'il se passe, je voulais le faire entendre, faire résonner l'alarme, ce que l'on entend d’abord dans l'oratorio c'est une cloche  ...Pour qui sonne le glas?Le glas sonne pour nous" "

L'Humeur Vagabonde vous recommande :

A voir et revoir en replay  la soirée spéciale « Fluctuat nec mergitur » sur France 3  dans "Libre Court", l’émission du court métrage :4  ans après les événements du 13 novembre 2015, 2 courts-métrages inédits à la télévision interrogent les liens entre cinéma et Histoire récente, 2 visions différentes du monde dans lequel on vit. 

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