historien et critique d'art français, également conservateur au département des peintures du Musée d’Orsay, pour son livre Cent tableaux qui font débat aux éditions Hazan

Stéphane Guegan - Cent tableaux qui font débat
Stéphane Guegan - Cent tableaux qui font débat © Hazan / Stéphane Guegan

Jean Dubuffet, inventeur de l’art brut dans l’après guerre et qui eut, alors, à supporter les lazzis de la critique, avait longuement peaufiné sa réplique à ceux qui allaient jusqu’à lui dénier le statut d’artiste. L’art, disait-il, est provocation, sinon il n’existe pas. Il doit s’affranchir des interdits, créer un choc, ébranler l’être même de celui qui l’affronte. Il se situe en dehors de la logique et de l’analyse et fait écho au savoir le plus intime des hommes plutôt qu’à leur culture. C’est évidemment une banalité que d’associer art et scandale, surtout aujourd’hui où tableaux, installations, photographies risquent dorénavant de déclencher des manifestations d’intolérance d’une violence incroyable. Mais, habituellement, nous faisons remonter le début de ces polémiques enflammées au XIXè siècle, lorsque l’académisme, érigé en seul héritier de l’art classique, s’est trouvé bousculé par l’émergence de formes nouvelles qui déconcertent les amateurs. En 1862, le Déjeuner sur l’herbe de Manet provoquera un séisme, nul ne l’a oublié. Mais en revanche on ne se souvient plus guère que ces polémiques ont commencé dès que l’art s’est affranchi de la stricte illustration des textes religieux. Au XVI ème siècle, déjà, la sainte inquisition veillait….

Dans un livre passionnant, superbement illustré, qui vient de paraître aux éditions Hazan, Stéphane Guégan , historien et critique d’art, conservateur au département des peintures du Musée d’Orsay, nous invite à regarder de plus près Cent tableaux qui font débat , depuis le Repas chez Lévi de Véronèse, jusqu’àLa grande Odalisque de Martial Raysse, en passant par Titien, Balthus, Picabia, Otto Dix, Van Gogh, Malevitch ou Anselm Kieffer.

Décadence, laideur, ridicule, pornographie, blasphème, mauvais goût, insupportable violence, obscénité, provocation, zéro total, les plus grands artistes, ceux qui font aujourd’hui la gloire des plus grands musées du monde, ont tous été d’abord reçus dans une sorte de stupéfaction épouvantée. Mais quelle est donc cette puissance inexpliquée de la peinture qui nous met dans de pareils états ?

C’est ce que nous tenterons d’expliquer avecStéphane Guégan qui est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Martine Abat

Rencontre à la Cité Internationale des Arts avec Konstantine Altounine , peintre russe en exil et Olga Nikolaéva , de l'association Russie Liberté .

Konstantine Altounine est un peintre russe qui a exposé à la fin du mois d’août dernier ses toiles dans un musée privé de Saint Petersbourg.

Konstantine Altounine
Konstantine Altounine © Konstantine Altounine / Konstantine Altounine

L’une d’elle s’intitulait Travestis et représentait Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev en sous-vêtements féminins : Poutine en nuisette est en train de coiffer les cheveux de Medvedev qui lui est en soutien-gorge. L’exposition a vu débarquer la police, la toile a été saisie, et Konstantine Altounine a fui précipitamment son pays, laissant derrière sa femme et sa petite fille. Aujourd’hui sa famille l’a rejoint et il demande le statut de réfugié politique qu’il devrait pouvoir obtenir puisque un procès est en cours en Russie, où il risque 5 ans d’emprisonnement pour avoir peint ce tableau.

Il vit donc à Paris depuis septembre, hébergé à la Cité internationale des Arts, et aidé par l’association Russie Libertés qui réunit des citoyens engagés dans la promotion de la démocratie en Russie.

L'association Russie Libertés qui œuvre pour la démocratie en Russie http://russie-libertes.org/**Le site de l'ACAT à propos de l'usage de la torture en Russie actuellement** http://www.acatfrance.fr/communiques_presse.php

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