At Berkeley
At Berkeley © Sophie Dulac Distribution

Rencontre avec le réalisateur américain pour son film At Berkeley - Documentaire d'une durée de 4h04' - en salles le 26 février

En 3ème position au dernier classement mondial des universités, derrière Harvard et Stanford, Berkeley, université publique de Californie, a rencontré de gros problèmes budgétaires lorsque, suite à la crise de 2008, les subventions publiques qui représentaient la moitié de son budget ont été divisées par trois. Les droits d’inscription ont été revus à la hausse tandis qu’enseignants et administratifs ont dû accepter une baisse de certains salaires.

Couronnée par 29 prix Nobel au cours du XXème siècle, Berkeley compte aujourd’hui 35 000 étudiants répartis entre 130 départements d’enseignement et de recherche. Des étudiants issus de toutes les catégories sociales du pays, les plus défavorisés bénéficiant d’ un système de bourses très performant. Mais, pour les enfants des classes moyennes malmenées par la crise, la seule possibilité pour se payer des études à Berkeley, c’est de s’endetter pour de très longues années.

At Berkeley, qui sort ce mercredi en salles, est le 38ème film que le réalisateur américain Frederick Wiseman a consacré aux institutions contemporaines aux Etats-Unis : hôpitaux, justice, police, habitations à loyer encadré, écoles, musées, grands magasins...Il a planté sa caméra durant un semestre entier sur le campus de cette université qui, depuis les années 60 et les grandes luttes étudiantes contre la guerre du Viet Nam et pour les droits civiques, a conservé une liberté de pensée et une culture politique à part aux Etats-Unis, tout en cultivant l’excellence de l’enseignement.

At Berkeley, comme tous les films de Wiseman, repose sur l’intelligence du regard, la qualité de l’écoute, l’empathie et l’ironie, un montage fluide, pas de questions, pas de commentaires et pas de musique.

Du beau travail, passionnant, qui suscite réflexions et débats, à l’heure où l’enseignement, chez nous, est en crise.

Frederick Wiseman est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Judith Soussan

A Sciences Po, comme à Berkeley, l’excellence est de mise. Et la diversité aussi...

Depuis 2001 en effet, à côté de la procédure « générale » par concours et du recrutement « international », une nouvelle procédure d’admission a vu le jour : les CEP, ou « conventions d’éducation prioritaire », parfois surnommées « procédure ZEP ».

Elles sont « une voie de recrutement sélective destinée aux élèves méritants scolarisés dans l’un des 100 établissements en Zone d’éducation prioritaire » partenaires de Sciences Po, nous dit son site officiel.

Alors j’ai voulu savoir comment cela se passe, concrètement, qu’est-ce que ça fait, lorsqu’on a grandi en banlieue, à la campagne ou dans les territoires d’outre-mer, que d’arriver dans une institution qui a pu incarner l’élitisme et la reproduction sociale.

Autour de la table ce jour-là, il y aReda , en deuxième année, qui vient d’un lycée de Vitry sur Seine ; Gauthier , première année, originaire de Normandie ; Benoît , en « première année bis », c’est-à-dire redoublant, originaire de la Réunion. Tous trois ayant intégré Sciences Po par la procédure CEP...Et puis, Maxime , en master. Entré, lui, par le concours, mais qui n'en pense pas moins.

Un grand merci à Clément Réquier , ancien élève de Sciences po et président-fondateur de l'associationLes hussards noirs, qui a rendu possible cette rencontre avec eux.

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