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Pour « La fête de l’ours », après « Les exilés de la mémoire » en 2007 et « La dernière heure du dernier jour » en 2008 chez Belfond, traduits par Jean-Marie Saint-Lu. 1939, année terrible durant laquelle la France, dans le vain espoir d’échapper à l’affrontement avec Hitler, acceptera toutes les humiliations diplomatiques et s’enfoncera d’elle-même dans le déshonneur en internant dans des conditions abjectes réfugiés anti nazis et républicains espagnols. Ils furent entassés derrière des barbelés, sans toit, sans nourriture, sans soin, tirés à vue par les gardes mobiles et les tirailleurs sénégalais. Ils moururent par milliers de faim, de froid, de maladie et de désespoir à Argelès, au Vernet, à Gurs, à St Cyprien, à Septfonds. Et cette tragédie fut longtemps occultée de la mémoire officielle. Le grand père de Jordi Soler passa les Pyrénées en février 1939, laissant à Barcelone sa femme et sa fille. Il survécut à deux hivers sur la plage d’Argelès et parvint, avec l’aide de l’ambassadeur du Mexique à s’enfuir près de Veracruz où, avec d’autres exilés catalans, il créa une plantation de café et reconstruisit une vie dans l’attente de la revanche sur Franco. Installé dorénavant à Barcelone, Jordi Soler a publié déjà deux livres pour raconter cette épopée familiale : « les exilés de la mémoire », paru en 2007, et « la dernière heure du dernier jour », paru en 2008, chez Belfond dans une belle traduction de Jean-Marie Saint Lu. Le dernier volet de cette formidable saga, « la fête de l’ours »sortira à la fin de la semaine. L’auteur y retourne dans les Pyrénées, sur les traces du frère de son grand père, Oriol, que l’on disait disparu durant la Retirada. Un livre plus noir que les précédents, mais tout aussi réussi. Traduction Claudine Rimattei. ### **reportage** Pierre Perez Trujillano a 4 ans en 1936, lors du coup d’état du général Franco. Son oncle était maire républicain, sa mère, son père sont des « rouges ». Tous fuient le sud de l’Espagne et traversent les Pyrénées. Aujourd'hui, il est devenu français et vit à quelques kilomètres seulement de l'ancien camp de concentration de Septfonds où fut interné son oncle. Un reportage de Caroline Gillet.
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