Florence Seyvos qui vient de faire paraitre "une bête aux aguets se souvient de tout. Absolument de tout. De la solitude, la mélancolie, les rêves, les secrets. De ce monde effrayant qui remue doucement derrière les rideaux, de l’autre côté d’une porte, prêt à submerger l’apparente tranquillité du paysage quotidien.

Florence Seyvos auteure d’ "Une bête aux aguets" (L'Olivier).
Florence Seyvos auteure d’ "Une bête aux aguets" (L'Olivier). © Patrice Normand

Cet âge, que les parents nomment « ingrat », et durant lequel on souffre chaque jour avec une intensité qu’on s’imagine à soi seul réservée. Plus vraiment enfant, pas encore adulte, notre être en métamorphose, qui n’en finit pas de se forger une carapace, s’observe avec une honte brûlante dans un miroir déformant. Jusqu’à douze ans chacun habite le monde avec aisance. Passé cet âge, un sentiment de perte irrémédiable nous envahit. Devenir grand, comme on dit, c’est se rogner les ailes. Flannery O’Connor, qui n’a écrit que sur cette déchirure, affirme qu’une fois franchi ce seuil, l’être humain entre en déclin. Mais - faut-il en être rassuré ?- une fois adulte, peu s’en souviennent encore.

Florence Seyvos, elle, se souvient de tout. Absolument de tout.
La solitude, la mélancolie, les rêves, les secrets.
De ce monde effrayant qui remue doucement derrière les rideaux, de l’autre côté d’une porte, prêt à submerger l’apparente tranquillité du paysage quotidien.
Tous ses livres, qu’ils s’adressent aux adultes ou aux plus jeunes, nous font voir le monde avec les yeux de l’enfant qui demeure, inchangé, à l’intérieur de chacun d’entre nous, et que ses mots font resurgir, avec une force parfois dérangeante. « Une bête aux aguets », son dernier livre, paru à L’Olivier, nous entraîne dans le monde scintillant et angoissant d’Anna, qui, après sa maladie à l’âge de 12 ans, ressent d’étranges changements en elle. Poétique, tendre et douloureux, ce roman agit sur nos mémoires comme une goutte de citron sur une plaie oubliée mais toujours à vif.

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