pour sa première mise en scène au théâtre de la piècePère d'Auguste Strindberg à la Comédie Française jusqu'au 4 janvier 2016

Arnaud Desplechin-répétition de "Père" à la Comédie Française
Arnaud Desplechin-répétition de "Père" à la Comédie Française © Comédie Française / Comédie Française

La famille, on le sait, c’est l’enfer. Pas tout le temps certes, pas pour tout le monde sans doute, mais quand même…. Concentré délétère d’amour, de haine et de jalousies, parfois les crimes qui s’y commettent n’ont même pas besoin du couteau ni du poison. Les mots peuvent tuer aussi sûrement.

Rappelez vous ce sentiment de suffocation, d’effroi éprouvé en regardant Scènes de la vie conjugale d’Ingmar Bergman qui nous faisait comprendre que la passion, à la longue, peut mener à la haine. Bergman s’était beaucoup inspiré pour son film de la pièce la plus terrible d’August Strindberg, Père , écrite en 1887 alors que l’auteur traversait une crise profonde avec sa première épouse dont il se séparera l’année suivante.

DansPère nous assistons au combat féroce qui oppose le Capitaine, un libre penseur, féru de science, à sa femme Laura, très pieuse et sans instruction, à propos de l’éducation de leur fille unique. Elle veut garder son enfant auprès d’elle tandis que lui veut qu’elle parte étudier. Leur affrontement, bien plus profond en réalité, se transforme en lutte à mort.

Arnaud Desplechin , qui est sans doute le meilleur cinéaste français de sa génération, travaille, depuis son premier film, La Vie des Morts en 1991, sur les relations familiales et amoureuses, le passage du temps et le pouvoir des mots.

Et, affirme-t-il, c’est au théâtre qu’il a beaucoup fréquenté en spectateur fasciné par les mises en scène de Chéreau, Brook, Régy, Vitez, qu’il a « appris son métier » que l’IDHEC ne lui avait fait qu’entrevoir.

Strindberg, Ibsen, comme O’Neil ou Synge, sont ses auteurs de référence, comme Bergman au cinéma. Pas pour les copier, évidemment, mais pour creuser, comme eux l’ont fait, dans cette boîte à histoires sans fond, la famille.

C’est donc avec une énorme envie, et une toute aussi énorme terreur, qu’Arnaud Desplechin a répondu "oui" à la proposition d’Eric Ruf, le nouveau patron du Théâtre Français, d’y mettre en scène sa première pièce.

Son Père de Strindberg y sera donné jusqu’au 4 janvier 2016, avec des acteurs exceptionnels, Anne Kessler, Michel Vuillermoz, Thierry Hancisse, Martine Chevallier.

C’est absolument magnifique, terriblement intelligent, et on en sort remué jusqu’au tréfonds de l’âme.

Arnaud Desplechin est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde .

Le site de la Comédie Française

La Comédie Française, c'est aussi : le premier spectacle de la saison

COMME UNE PIERRE QUI...d’après le livre de Greil Marcus Like a Rolling Stone, Bob Dylan à la croisée des cheminssur une idée originale de Marie Rémondadaptation et mise en scène Marie Rémond et Sébastien Pouderouxavec la troupe de la Comédie-FrançaiseGilles David, Stéphane Varupenne, Sébastien Pouderoux, Christophe Montenezet Gabriel Tur, Hugues Duchêne (élève-comédien)

Nouvelle production Du 15 septembre au 25 octobre 2015 31 représentations

Le site de la Comédie Française

Autre actualité

Le DVD du dernier film d'Arnaud Desplechin Trois souvenirs de ma jeunesse, avec Mathieu Amalric- disponible le 6 octobre chez BLAQ OUT (DVD, BLU-RAY et VOD)

DVD film Arnaud Desplechin "3 souvenirs de ma jeunesse"
DVD film Arnaud Desplechin "3 souvenirs de ma jeunesse" © Blaq Out / Arnaud Desplechin

Le reportage de Perrine Malinge

Rencongtre avec Michel Vuillermoz (Le capitaine) et Anne Kessler (Laura, la femme du capitaine), ainsi qu'avec le scénographe, Rudy Sabounghi.

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