En 2004,c’est grâce, en effet, à Eduardo Makaroff, guitariste de Gotan Project, que la France découvre Melingo. Son premier CD, Santa Milonga, sort chez Mañana, le label que Makaroff vient de créer, et il emballe le public de l’Européen avec un concert survolté. Voix cassée à la Tom Waits, textes poétiques et voyous qui parlent, avec ironie et tendresse des paumés, des blessés, des cœurs et des vies brisées, Melingo revendique l’héritage de Carlos Gardel et d’Astor Piazzola. Mais le chemin du retour aux racines fut long pour cet argentin grandi dans le rock et qui parcourut pendant vingt ans les scènes argentines, espagnoles et anglaises avant de devenir le meilleur ambassadeur du tango cancion et de la milonga.

Melingo
Melingo © Radio France

Son tout dernier disque, sort chez Harmonia Mundi et s’appelle Corazon y Huesos, cœur et os, entre fragilité et violence. On y rencontre la faune habituelle des bas fonds porteños : marlous, femmes fatales, mauvais garçons bagarreurs, prisonniers, camés, poètes maudits. Melingo écrit ses coplas en lunfardo, l’argot des voyous qui a noyauté la langue quotidienne comme celle des écrivains. C’est un tango rugueux et soyeux, un peu crade et formidablement jouissif, magistralement servi par les musiciens de son groupe Orquestra Ramones del tango.

L'interprète ce soir est Claudine Rimattéi.

Dates de concert :

En tournée en France, Melingo sera le 2 mai à Bordeaux, le 26 juin à Lyon, le 5 juillet à Rennes et le 11 octobre à la Cigale à Paris.

Le reportage de Gladys Marivat :

On décrit souvent Melingo comme le « tanguero » des exclus. Ses chansons sont peuplées par les sans-abri, malfrats, taulards et autres prostitués qui peuplent les quartiers défavorisés de Buenos Aires et dont les mésaventures sont racontées avec humanité et humour. Ces petites vies de ghetto m’ont évoqué un autre ghetto, celui de Los Angeles, où le crump est né dans les années 90. Cette danse mêle toutes les influences, du hip-hop aux danses africaines, et exprime surtout le désarroi et la rage de ceux qui l’interprètent. « Rage », c’est justement le nom d’un spectacle du chorégraphe Anthony Egéa, né à l’occasion d’une tournée en Afrique où il a rencontré des danseurs du Congo, du Sénégal, du Gabon, complètement passionnés par le crump. Mi-avril, ilsRage sur la scène de La Grande Halle de La Villette à Paris avant de le donner deux soirs de suite dans le cadre du Festival Hautes Tensions.

La programmation musicale :

- Daniel Melingo, Corazon y hueso

- Daniel Melingo, Soneto a un malevo que no leyo Berges

- Daniel Melingo, Fàbula

- Daniel Melingo, el paso de la siguiriya

- Daniel Melingo, sin luna

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