pour l'exposition L'Opéra du Monde qui lui est consacrée à la MEP, Maison Européenne de la Photo, jusqu'au 5 juin.

Le catalogue éponyme est édité au Cherche Midi

Christine Spengler-Corbis-Expo "L'Opéra du Monde" à la MEP
Christine Spengler-Corbis-Expo "L'Opéra du Monde" à la MEP © Christine Spengler-Corbis / Christine Spengler

C’est en 1976, à Neauphle-le-Château, deux ans avant que l’imam Khomeiny, chef chiite alors tout à fait inconnu, ne vienne s’y installer, que Marguerite Duras associe, dans ce raccourci saisissant, la solitude des femmes, historiquement liée aux guerres, à leur réputation sulfureuse. Les cacher sous un voile, les enfermer à double tour, leur coudre le sexe, les traiter de sorcières, de créatures du diable que l’on lapide ou que l’on brûle, rien de nouveau sous le soleil en somme. Rentré en Iran en triomphateur du régime impie et sanguinaire du shah, Khomeiny enfermera rapidement ses sujettes sous des voiles de veuves que l’hécatombe entraînée par la guerre avec l’Irak justifiera doublement. C’est ainsi que Christine Spengler les photographiera, dans les cimetières, seul lieu où elles peuvent se rendre sans escorte masculine, et où elles ornent dévotement les photographies de leurs martyrs de pétales de roses rouges.

Un peu sorcière sans doute, elle l’est aussi, Christine Spengler qui, après avoir arpenté durant 40 ans tous les théâtres de guerre sur la planète, et devenue l’une des photographes les plus récompensées, transforme ses images de deuil en ex-votos ornés de plumes, de coquillages, de perles, les éclabousse d’or et de sang, et leur dresse des autels. La Maison Européenne de la Photographie à Paris lui consacre une exposition magnifique, sous le titre « L’Opéra du Monde », à voir jusqu’au 5 juin. Quatre salles lui sont consacrées, deux pour ses années de guerre, deux pour ce qu’elle nomme ses « années lumière », des photographies ornementées de ses fantômes vénérés, le frère Eric, trop tôt disparu, sa mère et sa grand-mère, mais aussi ses icônes personnelles, toreros et madones, stars du muet et du kitch, figures admirées parmi lesquelles Duras –la revoilà- ou Christian Lacroix l’ami. « L’Opéra du monde » c’est aussi un beau livre édité au Cherche Midi. Et Christine Spengler est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde.

http://www.mep-fr.org/evenement/christine-spengler-lopera-du-monde/

Christine Spengler-L'Opéra du Monde
Christine Spengler-L'Opéra du Monde © Cherche Midi / Christine Spengler

L'Opéra du monde

Christine SPENGLER

MAISON EUROPEENNE DE LA PHOTOGRAPHIE - EXPOSITION 6 AVRIL/5 JUIN 2016

L’Opéra du monde est une rétrospective du parcours photographique de Christine Spengler, correspondante de guerre de renommée internationale et artiste. L’ouvrage réunit pour la première fois les deux facettes, apparemment contradictoires, de son œuvre : ses photos de guerre et ses photos « enluminées" (Cherche-Midi Editions)

Le reportage de Rémi Douat

Depuis l'invention de la photographie, les femmes ont joué un rôle décisif dans son essor. Pourtant, elles restent absentes des cimaises et presque ignorées d'une histoire qu'elles ont pourtant construite au même titre que les hommes.

Rencontre avec la réalisatrice Manuelle Blanc , réalisatrice avec Julile Martinovic du documentaire Objectif femmes , visible à la Maison européenne de la photographie pendant toute la durée de l'exposition Christine Spengler.

Les archives sonores diffusées ce soir

Marguerite Duras

Michelet : la femme et la sorcière

« les lieux de Marguerite Duras » TF1 , 03.05.1976

Christian Lacroix

Il évoque son amour pour la couleur

ARCHIVE INA « A voix nue » 15.01.2001 France culture

ARCHIVE INA « Allo Macha » 13.06.1992 Macha Béranger France Inter

Huguette Spengler

Ne pas perdre son âme, ni l’amour de la vie

ARCHIVE INA « le point du 7eme jour » 03.06.1973

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