Pour "Failles" et "La couleur de l’aube" Editions Sabine Wespieser Martine Abat en remplacement de Kathleen Evin, empêchée Nous avons tous en tête les images de Port au Prince au lendemain du violent séisme qui l’a secoué le 12 janvier 2010 en fin d’après-midi. Comme pour les événements où tout bascule, chacun là-bas peut dire avec précision ce qu’il était en train de faire à ce moment là. Yanick Lahens, elle, jouait avec son petit-fils et regardait une grenouille sauter dans un pot de fleur. A cette époque, elle écrivait un roman, mais ces personnages ont été eux aussi comme ensevelis sous les gravats, le décor qu’elle avait pris pour leur rencontre n’existait plus. Yanick Lahens, qui vit en Haïti, a donc décidé de tenir la chronique des lendemains du séisme. Pendant plusieurs mois elle prend des notes. Son livre mêle récit, descriptions, réflexions, témoignages, esquisse de roman. Il raconte l’attente, le chagrin, la joie des retrouvailles, la vie qui repart malgré tout. Ce livre s’appelle « failles » au pluriel, parce que ce qui dévaste le pays depuis des années, ça n’est pas seulement la faille géologique qui traverse l’île. Ce sont aussi et surtout, les failles politiques, économiques et sociales, le maintien du pays sous perfusion par la communauté internationale et les ONG, la pagaille généralisée. Ce récit est donc celui d’une femme qui mesure le miracle d’être en vie mais d’une femme blessée par le sort infligé à son pays et qui essaie de comprendre pourquoi il en est arrivé là.


Yanick Lahens sera aux Assises internationales du roman de Lyon le 27 mai prochain et au Festival Etonnants Voyageurs à Saint-Malo début juin.

reportage

Judith Soussan : Dimanche, 17 heures, avec mes amis haïtiens et amoureux d'Haïti : Jean-Robert, ami de longue date, réfugié en France depuis 5 ans; Farah, son épouse, qui a attendu tant d'années en Haïti de pouvoir le rejoindre; Sabrina, leur fille adoptive. Et Estelle, leur amie commune, qui a vécu en Haïti avant le séisme et a gardé l'île dans son coeur. Ils ont vécu le séisme à Port-au-Prince ou à Paris. Ils se souviennent chacun à sa façon, ils en parlent, ils rient ou se taisent... et toujours, la vie continue : Fedorah, le bébé de Jean-Robert et Farah, est née le 15 mai dernier.

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