pour "Le tort du soldat" paru le 6 Mars aux éditions Gallimard, Collection du Monde Entier

Le tort du soldat
Le tort du soldat © Radio France

Un été, dans les Dolomites, revenant bienheureusement harassé d’une journée d’escalade, un homme s’attable dans une auberge de la vallée où il a ses habitudes. Il aime lire en dînant. Ce soir-là c’est une nouvelle d’Israel Joshua Singer , frère aîné d’ Israel Bashevis, Prix Nobel de littérature, qui est entre ses mains. Les Singer écrivaient en yiddish , une langue que le narrateur, napolitain, a voulu apprendre, comme un hommage aux millions de morts sans sépulture. Depuis, il en est devenu traducteur et, parfois, en déchiffrant, il prononce les mots à mi voix. A la table voisine de la sienne, occupée par un homme âgé parlant autrichien, et sa fille, une certaine agitation se manifeste alors. Le vieil homme se lève et s’en va comme s’il avait la mort aux trousses. La jeune femme, en sortant, se retourne et sourit à son voisin, qui a levé le nez de sa lecture en comprenant qu’il est sans doute la cause de cette fuite précipitée.

Celui qui a réellement vécu ce petit incident, c’est Erri De Luca . Alpiniste émérite, traducteur de yiddish, lisant et parlant l’hébreu , c’est en écrivain qu’il s’empare de l’histoire et imagine vite qui pouvait bien être cet homme. Un ex SS sans doute, épouvanté à l’idée d’être rattrapé par les chasseurs de nazis. Mais le sourire de sa fille, lui, induisait une distance critique avec son père. A partir de là s’est bâti le dernier livre d’Erri De Luca, « le tort du soldat » , traduit de l’italien par Danièle Varin, et tout juste paru chez Gallimard . Un bref récit à deux voix, celle du narrateur d’abord, qui raconte son rapport à la langue, aux mots, à l’histoire du génocide. Puis vient celle de la fille du soldat, qui veille sur son père tout en rejetant tout ce qu’il est.

Erri De Luca était de passage à Paris au début du mois, l’occasion de reprendre avec lui une conversation, toujours passionnante. Il est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Rémi Douat

J’ai rencontré Katia Buffetrille , ethnologue et tibétologue . L’actualité de son terrain de recherche, le Tibet , l’a conduit à orienter son travail sur l’immolation par le feu . Car l’immolation au Tibet n’a rien à voir avec une quelconque tradition, comme on l’entend souvent. C’est au contraire un phénomène très récent qui a commencé en 2009 avec des religieux et se poursuit aujourd’hui avec des laïcs.

Depuis 2009, 130 personnes se sont ainsi immolées publiquement avec comme principales revendications le retour au Tibet du Dalaï Lama , l’indépendance et la préservation des traditions religieuses, culturelles et linguistiques du Tibet, mises en péril par la tutelle chinoise.

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