Robert Bober a bâti une œuvre d’une force et d’une délicatesse rare, interrogeant les silences, la mémoire et l’écriture, pour que l’obscurité s’éclaire. Ce samedi il évoquera "Vienne avant la nuit" : un livre (POL) et un film en salles le 29 novembre

Image extraite du film "Vendredi avant la nuit" (sortie en salles le 29 novembre 2017)
Image extraite du film "Vendredi avant la nuit" (sortie en salles le 29 novembre 2017) © Vendredi Distribution

En 1950,de retour d’Hollywood où il s’était réfugié dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler, Max Ophüls tourne à Paris La Ronde, délicieuse et cruelle adaptation de la pièce de théâtre d’Arthur Schnitzler. L’auteur viennois, dont les nazis interdiront les œuvres, était mort en 1931, juste avant l’horreur. Mais le réalisateur du film, censé se dérouler à Vienne en 1900, âge d’or de l’empire austro-hongrois, lui, sait ce qui a eu lieu. Ce qui donne une résonance particulière aux premiers mots prononcés par le narrateur, qui parle évidemment pour Ophüls : J’adore le passé. C’est tellement plus reposant que le présent. Et tellement plus sûr que l’avenir .

C’est également en 1933 que les parents de Robert Bober, alors âgé de deux ans, quittent Berlin pour Paris, laissant en Pologne, en Allemagne et en Autriche des êtres chers qu’ils ne reverront pas. Devenu écrivain et cinéaste, après divers autres métiers, Robert Bober a bâti une œuvre d’une force et d’une délicatesse rare. Interrogeant les silences, la mémoire, l’écriture, pour que l’obscurité s’éclaire. Et pour nous raconter les histoires qui nous permettront de regarder  le présent et l' avenir sans trembler. Son dernier film, Vienne avant la nuit, dans lequel il fait revivre son arrière grand père, sortira mercredi prochain en salle, un très beau livre l’accompagne aux éditions P.O.L.

Agenda:

Rencontres avec  Robert Bober à l'occasion de la sortie de Vienne avant la nuit : toutes  les informations sont ICI 

Les séances du film 

La programmation musicale :

Denis Cuniot: The Golem on the Moon 

Les archives sonores :

Georges Perec : Ellis Island , le lieu de l’absence de lieu

Extrait du documentaire de Georges Perec et Robert Bober  « récits d’Ellis Island » (DVD INA)

Pierre Dumayet: Lire c’est se réfugier dans des bras protecteurs 

A voix nue 23.03.2001 France Culture 

Les invités
Les références
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.