Pour « Certaines n’avaient jamais vu la mer » aux éditions Phoebus, traduit par Carine Chichereau :

Otsuka
Otsuka © Radio France
La plus jeune a douze ans, la plus âgée trente sept. La plupart d’entre elles sont de petites paysannes que leur famille ne peut entretenir. Plutôt que d’être vendues comme geishas, elles ont accepté d’épouser des compatriotes, partis travailler sur la côte ouest des Etats-Unis. Elles n’ont vu d’eux que des photos, envoyées au pays, photos bien loin d’être fidèles aux modèles. Sur le bateau, elles s’imaginent arriver dans un pays de cocagne. Ces « picture brides , mariées de papier, vont déchanter en une nuit. Récupérées par des hommes frustres, pauvres, brutaux, elles deviendront esclaves domestiques et rempliront les tâches les plus ingrates afin que leurs enfants, qui naîtront américains, aient une vie meilleure. Julie Otsuka a écrit ce deuxième livre, « Certaines n’avaient jamais vu la mer », tout juste paru chez Phoebus dans une traduction de Carine Chichereau, presque dix ans après le premier, « quand l’empereur était un dieu », qui racontait le sort réservé, après Pearl Harbor, aux 120 000 ressortissants japonais installés dans l’ouest des Etats-Unis. Dans ce premier roman, Julie Otsuka s’était inspirée de l’histoire de sa famille, déportée et internée dans un camp dans le désert de l’Utah de 1942 à 1945. « Certaines n’avaient jamais vu la mer » est le prologue de cette tragédie, lorsque des jeunes japonaises traversent l’océan Pacifique dans les années 20 pour venir fonder leur famille en Amérique. Un récit bref et prenant, écrit à la première personne du pluriel, comme un chant très ancien qui vous serre le cœur et vous berce à la fois. Interprète : Xavier Combe. ### **Le reportage de Martine Abat :**
Resnais
Resnais © Radio France
**Rencontre avec la comédienne Sabine Azéma à l'occasion de la sortie en salles demain du film d'Alain Resnais "Vous n'avez encore rien vu", d'après "Eurydice" et "Cher Antoine ou l'amour raté" de Jean Anouilh** Resnais, jeune cinéaste de 90 ans, réunit une fois de plus ici sa famille de cinéma, la famille qu’il s’est choisie, Sabine Azéma, Pierre Arditi, Lambert Wilson et beaucoup d’autres, des nouveaux venus aussi. Il s'amue et expérimente encore et encore les possibilités que lui donne le cinéma. Un metteur en scène est mort. Pour accomplir ses dernières volontés, ses amis, qui sont ses acteurs, sont conviés à voir sur écran les répétitions par une jeune troupe de l’une de ses pièces « Eurydice », pièce que tous ont jouée à un moment de leur carrière, afin de juger si cette jeune troupe est fondée à l’interpréter. Mais peu à peu, c’est plus fort qu’eux, les comédiens spectateurs se mettent à réciter le texte, retrouvent le rôle de leur jeunesse, Orphée et Eurydice s’aiment de nouveau à travers eux. Vous n’avez encore rien vu, est un film sur la mort mais pas triste, et même plein de malice, un film sur le temps qui passe, sur ce qu’on laisse derrière soi, c’est un aussi un cri d’amour de Resnais pour ses acteurs.
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