pour son livre Le fils paru chez Albin Michel - traduit par Sarah Gurcel

Philipp Meyer-Le fils
Philipp Meyer-Le fils © Albin Michel / Philipp Meyer

Né le 2 mars 1836, le jour même où le Texas, vainqueur d’une guerre brutale, s’émancipe de la domination mexicaine, Eli McCulough , à 100 ans passés, s’enorgueillit toujours d’avoir été le premier rejeton mâle de la nouvelle république.

Interrogé par un journaliste, alors que la conquête de l’Ouest est entrée dans les livres d’histoire, le vieil homme, surnommé Le Colonel, fondateur d’un empire pétrolier, se retourne sur sa vie mouvementée, devenue une légende aux Etats-Unis.

A 13 ans il a été enlevé par les Comanches et adopté par le chef de la tribu qui a massacré sa famille.

Revenu chez les Blancs, dix ans plus tard, il construira sans la moindre pitié sa fortune en volant les terres à ses voisins mexicains, en détruisant l’environnement pour y engraisser ses troupeaux et en menant sa descendance d’une main de fer.

Best seller aux Etats Unis, Le Fils de Philip Meyer, traduit par Sarah Gurcel, édité chez Albin Michel et tout juste arrivé dans vos librairies, est un livre sidérant par sa force, sa cruauté tranquille, la beauté des descriptions des paysages texans au XIXè siècle, l’intelligence aigüe du récit qui déconstruit froidement le mythe fondateur de la conquête de l’Ouest, victoire du Bien sur le Mal, de la civilisation sur la barbarie. Philip Meyer, qui signe avec Le Fils son deuxième roman, mais le premier publié en France, y déploie une virtuosité d’écriture fascinante, entremêlant les voix et les périodes, dans une histoire qui se déploie sur plus de 170 ans et nous permet de mieux comprendre l’origine de cette violence inhérente à la société américaine.

Philip Meyer est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde . Michel Zlotovski sera notre interprète.

Philipp Meyer compte parmi les invités du Festival America :

http://www.festival-america.org/

Festival America
Festival America © Festival America / Festival America

Le reportage de Cerise Marechaud

Dans un paysage aux tons pastels évoquant une aquarelle, où le ciel et l’eau semblent ne faire qu’un, monte un bourdonnement sourd. Celui des sabots qui éparpillent la poussière, avant de marteler bruyamment le bitume, quand la manade quitte l’enclos pour rentrer au mas. C’est une chaude après-midi du mois d’août, sur la route entre Arles et Saintes-Maries de-la-Mer, à quelques battements d’ailes de l’étang de Vaccarès. Armés de leurs tridents, montés sur leurs petits chevaux gris nerveux et hirsutes, les Gardians, cowboys de Camargue, ont rassemblé taureaux et poulains encore à moitié sauvages pour les castrer, les marquer au fer rouge ou les trier avant une course. Etre gardian, c’est entretenir la tradition comme on lustre le vieux cuir d'une selle. Une vie à l’unisson entre l’homme, l’animal, les éléments et le territoire. Et cette voix que nous entendons vibrer en occitan, c’est celle du chanteur provençal Manu Théron

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