Angelin Preljocaj est ce soir l'invité de l'Humeur Vagabonde pour "Ce que j'appelle oubli", au Théâtre de la Ville du 23 février au 05 mars puis au 104 les 8 et 9 mars 2013.

"Ce que j'appelle oubli"
"Ce que j'appelle oubli" © Jean-Claude Carbone

En décembre 2009, dans la banlieue lyonnaise, un jeune homme qui avait bu une canette de bière dans un supermarché sans la payer s’est fait tabasser à mort par quatre vigiles . Ce fait divers horrible est resté gravé dans nos mémoires plus encore que tant d’autres. Pourquoi ? La période de Noël, propice à la remise en cause de nos égoïsmes ? La disproportion des forces en présence : quatre contre un ? Ou alors, comme le dit le procureur-adjoint de Lyon, la modicité du délit ? Nul ne devrait mourir pour une canette de bière, entend-on. Mais alors pour combien, ou pour quoi, serait-il plus normal d’être battu jusqu’à ce que mort s’ensuive ?

Cette affaire, et la phrase du magistrat, se sont imprimées dans la conscience d’un écrivain, Laurent Mauvignier, jusqu’à ce que l’écriture advienne. Un an plus tard son livre, « ce que j’appelle oubli », une seule phrase, brûlante et lancinante, pour raconter l’innommable, paraissait aux éditions de Minuit. Le chorégraphe Angelin Preljocaj, qui associe depuis longtemps l’écriture à la danse, s’est emparé de ce texte pour en faire un spectacle , créé en janvier à Douai, et qui se donne en ce moment au théâtre de la Ville, jusqu’au 5 mars, avant de passer brièvement au Centquatre, du 8 au 10 mars. Un comédien et six danseurs, une voix et des corps, pour donner à voir ce moment suspendu où une vie se fait fragile jusqu’à s’éteindre, comme ça, pour rien.

Le reportage de Judith Soussan avec Laurent Mauvignier

"Ce que j'appelle oubli"ok
"Ce que j'appelle oubli"ok © Les éditions de minuit

Tout commence un jour ou un soir, Laurent Mauvignier a dans la poche La nuit juste avant les forêts , de Koltès, qu’il aime depuis toujours, et qu’il vient d’acheter pour l’offrir. Il tombe alors sur une affichette portant sur le fameux fait divers dans le supermarché, et qui dans un phrasé haletant dénonce, au lendemain du procès des quatre vigiles assassins, les mots utilisés par le procureur.

Le phrasé de Koltès, celui de l'affiche: c’est ainsi que naît Ce que j’appelle oubli.

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Le site Internet d'Angelin Prejlocaj

Toutes les informations sur le spectacle au Théâtre de la Ville

Toutes les informations sur le spectacle au 104

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