Colette Fellous évoque avec Kathleen Evin son dernier roman "Pièces détachées" qui vient de paraitre chez Gallimard

L'écrivain Colette Fellous
L'écrivain Colette Fellous © AFP / ULF ANDERSEN

Chacun d’entre nous a ses lieux privilégiés pour se poser, pour éteindre un moment le tumulte de la vie, laisser monter le silence intérieur et voir, enfin, devant et derrière soi. La simple contemplation d’un paysage aimé, dont on retrouve, en un regard, la forme, les couleurs, l’immuabilité, permet de se ré-ancrer dans le temps, de se désintoxiquer des pollutions quotidiennes.

Les yeux s’ouvrent, l’esprit s’envole, et, surtout, l’important et le futile reprennent leur véritable place.

En ce moment il paraît que la mode, dans nos sociétés gangrenées par la violence et la peur, est à la méditation. Plutôt que de vous asseoir à quarante dans une pièce en sous-sol pour écouter un prof psalmodier des mantras sur fond de musique planante, aller donc arpenter une plage bretonne par grand vent, écouter les oiseaux chanter à Vézelay, voir le soleil se lever sur la Loire, et même si la tristesse de ce monde ne se dissipe pas, au moins vous pourrez la supporter.

Il y a aussi des livres qui aident à vivre.

Qui agissent sur nos âmes fatiguées comme un cordial, comme une caresse sur un front enfiévré. Depuis Le Petit Casino, publié en 1999, Colette Fellous creuse sans relâche, avec une infinie douceur, le même récit au travers de livres qui tous racontent sous un angle différent la même histoire : l’enfance tunisienne, l’éblouissement du soleil et de la mer, la famille, entre amour et douleur, le goût des mots, l’exil et l’approche de l’écriture.

Le dernier paru, Pièces Détachées, publié chez Gallimard, s’ouvre sur ce qui semble être un adieu au paysage aimé, jusque là indissociable de l’envie d’écrire.

Mais il y a eu trop de morts et de chagrins en cette terrible année 2015 où les assassins frappent au cœur de nos communautés, à Paris comme en Tunisie, et où, soudain, la disparition d’un ami cher semble marquer la fin de l’insouciance. Pièces Détachées, écrit à l’origine pour le père, est-il un adieu à ce pays qu’elle avait toujours cru sien et où elle se sent désormais invitée ?

Colette Fellous nous le dira puisqu’elle est aujourd’hui l’invitée de l’Humeur Vagabonde

Le reportage de Gladys Marivat

Rencontre avec le rappeur Madou MC, le guitariste et chanteur Haydar Hamdi et le percussionniste Tarek Maaroufi.

Madou MC et Haydar Hamdi, comme d’autres artistes tunisiens, sont arrivés en France après la chute de Ben Ali, avec des visas compétences et talents. Ils ont fui la Tunisie après la révolution. Un pays qui, selon eux, n’est pas fait pour les jeunes et où les artistes ne peuvent pas créer, critiquer et s’exprimer librement. »

Dans le reportage, deux extraits de l’album Fikra d’Haydar Hamdi: Memory et Klem Khaleb

La programmation musicale:

Yasmine HAMDAN: La ba'den

Benjamin BIOLAY:Palermo queens

Luciano PAVAROTTI :Una furtiva lagrima , extrait de l’opéra L’elixir d’amour de Donizetti

Les archives de l'INA :

Reportage à Sidi Bou Saïd, avec le peintre Hédi Turki : Sidi Bou Saïd a ce pouvoir magique de nous faire oublier de rentrer chez nous

Échappées belles 1994- France Culture

Alain Nadaud: Le rapport étroit entre le désir amoureux et le désir d’écrire

2010- Carnet nomade Colette Fellous- France Culture

la musique collée à l’archive est extraite de :

Carnet nomades 14.10.2007 Colette Fellous

Roland Barthes: Son goût pour les formes brèves, notamment le haïku

Entretien Bernard-Henri Lévy /Jean Marie Benoist - 22.02.1977

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