pour son roman Le Castor - traduit par Stéphanie Dujols - paru au Seuil

Mohammed Hasan Alwan - Le Castor
Mohammed Hasan Alwan - Le Castor © Seuil / Mohammed Hasan Alwan

Ghâleb a 46 ans, et un petit pécule qui lui permet de vivre chichement à Portland, Oregon, où il s’est installé pour fuir sa famille, étouffante et méchante, mais aussi Ghâda, sa maîtresse depuis près de 20 ans, qu’il ne croise plus que de loin en loin, dans des hôtels quatre étoiles, au gré des déplacements de son mari diplomate.

Mais il s’agit surtout pour lui de s’éloigner de sa ville natale, Riyad, où il végète, sans travail et sans plaisir à vivre.

A Portland, Ghâleb trompe sa mélancolie en allant pêcher dans la rivière Willamette où il observe le manège d’un castor qui, très vite, lui rappelle certaines caractéristiques de sa famille. Ses souvenirs affluent, sa solitude d’enfant maltraité par des parents qui se détestent, méprisés par ses sœurs et son frère cadet, sans guère d’amis, lui qui, il le voit bien aujourd’hui, n’a eu de relation suivie qu’avec son coiffeur….

Etranger dans une ville dont il ne possède ni les codes ni les habitudes de vie, Ghâleb, qui ne peut que soliloquer, va mieux voir ce pays dont il vient et sur lequel, enfin, il pourra écrire.

Le Castor, traduit par Stéphanie Dujols, édité au Seuil, est le quatrième roman du saoudien Mohammed Hasan Alwan , mais le premier publié en France.

Cruel et mélancolique, incroyablement drôle et féroce, ce livre parle évidemment de l’Arabie Saoudite, de ses archaïsmes et sa violence, de son système patriarcal et de la répression sexuelle qui y règne.

Mais il raconte surtout, avec un humour ravageur, les dégâts causés par ces familles où le manque d’amour, l’hypocrisie, l’avidité et le rejet des autres abîment les enfants et élèvent des murailles entre les classes sociales.

Et pas seulement à Riyad ou à Portland, dans l’Oregon. Mohammed Hasan Alwan, qui est installé aujourd’hui à Ottawa, sera samedi 30 mai à 19H30 aux Assises internationales du Roman à la Villa Gillet à Lyon pour une table ronde consacrée aux émotions.

Mohammed Hasan Alwan est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde . Notre interprète sera Gracia Namour.

Les Assises Internationales du Roman à Lyon - en partenariat avec La Villa Gillet/Les Subsistances/Le Monde/France Inter

http://www.villagillet.net/portail/air/actualites/

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Le reportage de Gladys Marivat

Arrivé depuis deux mois à Portland, Ghâleb expérimente les joies de la junk food avec le même regard distancé et ironique qu’il jette sur la société américaine.

Pizza dégoulinante de fromage, barbecue de fritures pêchées frauduleusement dans la rivière Willamette, le tout copieusement arrosé de vin ou de bière…la cuisine saoudienne est bien loin...!!!

Ah si, il y a les dattes ! Son pain quotidien qu’il mange compulsivement et qu’il utilise pour appâter les castors.

En même temps, il n’est pas sûr que Ghâleb aurait été plus heureux à Paris.

Vous imaginez ça ? Il n’y a aucun restaurant saoudien dans la capitale !

J’allais à mon tour me rabattre sur les dattes, quand j’ai rencontré Amal , une Saoudienne de trente ans, qui vit à Montreuil et m’a préparé une recette de sa région d’origine.

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