pour son dernier ouvrageLa Carte des Mendelssohn paru aux éditions Sabine Wespieser

Diane Meur - "La carte des Mendelssohn" chez S.Wespieser
Diane Meur - "La carte des Mendelssohn" chez S.Wespieser © Sabine Wespieser / Diane Meur

En réalité cette histoire a bien un commencement, et ce commencement est une pensée, vague, comme beaucoup de ces pensées qui sont des sortes de rêveries. Mais si, quelque temps plus tard, cette pensée vague a produit, dans le silence, des ramifications, des bourgeons inattendus, c’est qu’il s’agit bien d’une branche à laquelle la raconteuse d’histoires va pouvoir s’accrocher. Diane Meur est amoureuse de l’Allemagne et en parle la langue. Elle se promène dans son XVIIIe siècle avec aisance. Ainsi avait-elle noté, dans un coin de sa mémoire, que le célèbre livre Qu’est-ce que les Lumières ? avait été rédigé par Emmanuel Kant et Moses Mendelssohn, lequel était le grand-père de Félix, qui n’a pourtant jamais été son compositeur préféré. Et un jour, à Berlin, elle réalise qu’il y a eu, entre ces deux célébrités, le philosophe des Lumières et le musicien romantique, un chaînon ignoré : Abraham, banquier peu doué et converti au protestantisme. L’idée de départ était donc de s’intéresser à cet oublié de l’histoire. Mais Diane Meur le sait, lorsqu’une idée commence ainsi à bourgeonner en elle, la démesure, la « mégalomanie » dit-elle en plaisantant à demi, ne sont jamais loin.

DansLes Vivants et les Ombres paru en 2007, elle racontait un siècle de l’histoire de la Galicie, pays dont jusque-là elle ignorait tout, vu à travers une maison. Sept-cents pages. Dans Les Villes de la Plaine , en 2011, elle donnait vie à une cité antique, décrivant précisément ses mythes fondateurs, ses rituels et ses lois complexes, avant de tout détruire. En 400 pages. Et, avec les Mendelssohn, soit sept-cent-soixante-cinq descendants de Moses et de ses dix enfants, répartis sur quatre continents, elle a bien failli s’engloutir, être carrément dévorée par l’étrange et monstrueux arbre généalogique qu’elle a bricolé sur la table de son salon, perdant pied dans les destins des uns et des autres. Lesquels conserver ? Lesquels délaisser ? Au bout de deux années d’obsessions anxiogènes, elle a compris que son sujet c’était sa quête elle-même. En octobre dernier paraissait donc La Carte des Mendelssohn chez Sabine Wespieser, comme tous ses précédents livres. Cinq-cents pages bourrées d’histoires passionnantes, de drôles d’anecdotes, de bribes de journal intime, de portraits attachants. Et, en creux, celui de l’auteur, érudite gourmande et allègre.Diane Meur, qui rentre tout juste des Assises internationales du roman à la Villa Gillet, est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde .

Les Assises Internationales du Roman à Lyon

Rencontre avec Diane Meur aux Assises Internationales du Roman à Lyon.

Le reportage de Vinciane Laumonier

L'Atlas des Cités perdues
L'Atlas des Cités perdues © Radio France

Atlas des Cités Perdues

Aude de Tocqueville et Karin Doering-Froger se sont mises sur la trace de 40 cités, aujourd'hui disparues. Massada, Ankor, Prypiat, Tchernobyl ; chacune de ces villes abandonnées a eu un destin inattendu. Dans cet Atlas , c'est la disparition qui hante les cartes, des villes fantômes, dans une géographie engloutie ...

Atlas des Cités Perdues , de Aude de Tocqueville, aux éditions Arthaud, avec les illustrations de Karin Dœring-Froger.

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