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_Simon Wiesenthal, l’homme pour qui justice n’est pas vengeance_ aux éditions Liana Levi réédition dans la collection Piccolo de « le 7è million » paru en 1993. Ni James Bond, ni Don Quichotte, juste un survivant dévoré par la culpabilité de ceux qui en sont revenus et qui lutte contre l’oubli. Simon Wiesenthal, libéré de Mathausen en 1945 par les Américains, s’est sans attendre mis à la tâche qu’il s’était assignée : retrouver les coupables et les faire passer en jugement. Pas pour la vengeance, mais pour la justice. Chasseur de nazis, donc, Wiesenthal retrouva Eichmann en Argentine, Franz Stangl, commandant de Sobibor et Treblinka, au Brésil, et envoya devant les tribunaux quantité de tortionnaires et d’assassins qui étaient tranquillement rentrés chez eux après guerre, comme Karl Silberbauer, le policier qui avait arrêté Anne Franck. Cet homme seul fut le caillou dans la chaussure de tous ceux qui auraient préféré tourner la page. Y compris en Israël. Tom Segev, historien, né en Israël de parents ayant fui l’Allemagne nazie. Depuis 1984 il publie des livres qui mettent à mal « l’écriture sainte du passé », selon l’expression d’Henry Rousso. Il a beaucoup travaillé sur la construction de l’Etat d’Israël et, notamment, sur la contradiction terrible entre la doctrine sioniste et la prise en compte du génocide juif. Alors que son livre « le 7è million » paru en 1993 est réédité dans la collection Piccolo, il publie aujourd’hui, toujours chez Liana Levi, une monumentale et passionnante biographie de Simon Wiesenthal, « l’homme pour qui justice n’est pas vengeance » dans une traduction de Katherine Wershowski. Et c’est notre ami Xavier Combe qui interprétera les propos de Tom Segev qui est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde. ### **reportage** Judith Soussan : Avec Rony Brauman : Pour leur film "Un spécialiste, portrait d'un criminel moderne", inspiré par la réflexion sur la « banalité du mal » que mena Hannah Arendt dans son "Eichmann à Jerusalem", Rony Brauman et Eyal Sivan se sont plongés dans les archives filmées du procès Eichmann. Il prennent le parti de donner la parole au criminel nazi: d’écouter sa façon de raisonner, de se justifier, de s’arranger avec les faits. En somme, plutôt que d'en faire une icône du mal mystérieuse et impensable, l’appréhender comme être humain. Loin de diminuer le jugement que l’on porte sur Eichmann, le saisissant voyage qu’offre le film au cœur d’un mode de penser banal et creux ne rend que plus vertigineuse (parce que plus proche) la question du mal qu’un homme peut faire. "Un spécialiste, portrait d'un criminel moderne", DVD aux éditions Montparnasse "Eloge de la désobéissance, à propos d'Un spécialiste", est publié aux éditions Le Pommier. ### **oeuvre(s)** - _Le septième million_ De Tom Segev
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