Bien loin des représentations romantiques qui en furent données par la littérature et l’histoire officielle, la guerre civile américaine ne fut pas du tout un affrontement entre gentlemen en gants blancs, mais une épouvantable boucherie.

Portrait de Kevin Powers, vétéran de la guerre d'Irak et auteur  de  "L’Écho du Temps"  traduit par Carole d’Yvoire (Delcourt).
Portrait de Kevin Powers, vétéran de la guerre d'Irak et auteur de "L’Écho du Temps" traduit par Carole d’Yvoire (Delcourt). © AFP / ULF ANDERSEN / Aurimages

Aucun autre conflit, ni en Europe, ni ailleurs dans le monde, ne provoqua autant de morts américaines : 360 000 côté nordistes, 260 000 côté sudistes entre 1861 et 1865. Des chiffres sans doute sous estimés. Présenté -déjà- comme la guerre du Bien contre le Mal esclavagiste, cet affrontement fratricide avait, évidemment, des causes économiques et politiques bien plus déterminantes, comme à chaque fois. Et, aujourd’hui encore, cette déchirure demeure, comme une ombre portée, dans les mémoires.

Kevin Powers, né à Richmond, Virginie, en 1980, s’est, comme beaucoup de jeunes garçons, engagé après le 11 septembre. Il a combattu en Irak en 2004 et 2005. Son livre, Yellow Birds, consacré à cette expérience traumatisante, a connu un grand succès en France en 2013. Et voilà qu’il récidive avec L’Echo du Temps, traduit par Carole d’Yvoire, paru aux éditions Delcourt, ce récit choral sur fond de guerre civile vient de recevoir Le Grand Prix de Littérature Américaine 2019  .

Les voix de ses personnages –esclaves, propriétaires, militaires et pillards des deux camps- nous racontent ce que c’est que tenter de vivre quand la mort, glorieuse ou absurde, est devenue la norme. Un traumatisme qui se lit encore dans les paysages et imprègne les mémoires des descendants lorsqu’en 1956 l’un d’eux tente de comprendre qui étaient l’homme et la femme qui l’ont fait naître au cœur de la bataille.

Reconstitution : la marche des troupes de l'Union
Reconstitution : la marche des troupes de l'Union © Getty / dsharpie

Extrait de l'entretien avec Kevin Powers :

"Les écrivains s’intéressent à l'intensité de l’expérience humaine. Cette intensité, on la vit plus que partout ailleurs en situation de guerre et les conséquences perdurent dans le temps. Il y a un conflit qui a lieu et dix, vingt, cent ans plus tard, sa présence, on la ressent encore sur le plan politique, social et même émotionnel"

► Le site de l'auteur  

La programmation musicale :

  • Skip James - Hard Time Killin' Floor Blues

Retour sur la playlist du mois d'octobre concoctée avec notre programmateur Djubaka

  • Jeff Buckley : Hallelujah
  • Shirley Collins :Adieu To Old England
  • Léo Ferré : Elsa 
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