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Pour « Passage de témoin » (avec Benoît Hopquin) aux éditions Calmann-Lévy Biographie de Raymond Aubrac par Pascal Convert Le Seuil La résistance, Lucie Aubrac nous l’affirmait ici même, il y a dix ans, ça n’est pas une histoire terminée. Tant qu’il y aura des hommes opprimés, des femmes privées de droits, des injustices sociales, des inégalités économiques, des réfugiés repoussés hors de nos frontières, des enfants arrêtés à la sortie des écoles, des discriminations dues à la couleur de la peau ou à la religion, la résistance de chacun demeurera nécessaire. La démocratie est lente à construire, mais si facile à démolir. C’est ce même message que voulait transmettre Stéphane Hessel, camarade de combat de Lucie Aubrac pendant la guerre, avec son petit livre « Indignez vous ! ». Lucie a disparu en 2007, mais son époux, Raymond Aubrac, a poursuivi leur tâche commune. Ce vieux monsieur de 97 ans a toujours l’œil perçant et la réflexion rapide. Comme son grand ami Stéphane Hessel, il se rend encore dans les collèges et les lycées témoigner de ce que fut leur combat entre 40 et 45. Mais, s’il ne refuse pas de parler du passé, ce grand résistant veut toujours relier l’engagement d’hier à celui, qu’il juge indispensable, d’aujourd’hui . « Passage de témoin » est d’ailleurs le titre du livre qu’il cosigne, aux éditions Calmann-Lévy, avec son petit-fils Renaud Helfer-Aubrac et l’aide de Benoit Hopquin. Des propos très éloignés du pessimisme ambiant et que l’on peut rapprocher de ceux rassemblés par Pascal Convert qui signe, au Seuil, une énorme biographie de Raymond Aubrac sous titrée : « résister, reconstruire, transmettre », la devise de cet homme engagé. ### **reportage** Martine Abat : Rencontre avec le documentariste Jérôme Prieur, à l'occasion de la sortie en DVD du "Procès Barbie, Lyon 11 mai – 4 juillet 1987"coédition Arte/INA.Raymond Aubrac a été arrêté et emprisonné à Lyon en 1943 par Klaus Barbie, alors chef de la gestapo. Il a d’ailleurs témoigné lors du procès de Barbie qui a eu lieu aux Assises de Lyon, en 1987. Pour la première fois en France un officier nazi était poursuivi pour crime contre l’humanité. Durant 3 mois, les victimes ou leurs familles viendront à la barre raconter, témoigner des atrocités commises, des déportations organisées par celui qu’on a appelé « Le boucher de Lyon ». Au bout de la 3ème audience Barbie refusera de se présenter dans le box.Ce procès, celui d'un allemand, a ouvert une série d'autres, celui de Touvier (le milicien) en 1994, puis ce lui de Papon (le haut fonctionnaire) en 1997. Le procès a été filmé dans son intégralité. 37 audiences, 145 heures d’images. Aujourd’hui sort un coffret DVD coédité par l’INA et Arte. On peut y voir un montage chronologique et sans commentaire d’une vingtaine d’heures qui rend toute l’intensité du procès mais aussi ses moments de flottements, ses temps morts. Et puis figure dans ce coffret un film de Jérôme Prieur qui nous permet de regarder ce procès 25 après qu’il a eu lieu, avec le recul, avec tout ce que nous savons depuis. Il a décidé d’interroger des historiens reconnus, Henry Rousso par exemple, comme de tout jeunes historiens, enfants à l’époque du procès. Mais aussi un écrivain, un peintre, une cinéaste. Leur regard est éclairant. Chacun nous donnent des éléments pour comprendre.
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