Marina Ferretti-Bocquillon, commissaire de l'exposition Caillebotte, peintre et jardinier, au musée des Impressionnismes à Givernyjusqu'au 3 juillet

Caillebotte
Caillebotte © RMN Grand Palais(Musée d'orsay) / Martine Beck-Coppola

Conservateur à Orsay, Xavier Rey aurait pu ajouter à son propos que Gustave Caillebotte n’avait pas beaucoup d’ego, ou, en tout cas, qu’il mettait la peinture de ses amis, Manet, Monet, Degas, Renoir, Cézanne, bien plus haut que la sienne. D’ailleurs, lorsqu’il meurt brutalement, en 1894, à 46 ans, Caillebotte laisse un testament célèbre dans lequel il lègue aux musées nationaux l’essentiel de sa collection personnelle, plus de quarante tableaux impressionnistes, dont 16 Monet, tous des chefs d’œuvre. Ce testament, il l’a rédigé en 1876, lorsqu’à 28 ans il expose pour la première fois à la Galerie Durand-Ruel, aux côtés de ces peintres qui font alors scandale. Et c’est son frère Martial, son exécuteur testamentaire, qui inclura des toiles de Gustave, dont les célèbres Raboteurs de plancher qui avaient été rejetés par le Salon officiel en 1875, dans ce legs dont l’Etat ne saura trop que faire dans un premier temps, avant d’en réaliser l’extraordinaire importance quelques années plus tard. Gustave Caillebotte n’était pas qu’un mécène particulièrement généreux doublé d’un collectionneur avisé pratiquant la peinture à ses heures perdues. Les Américains avaient d’ailleurs su déceler son talent singulier bien avant les Français, à part Emile Zola qui le défendit avec fougue. Longtemps éclipsé par la gloire de ses amis impressionnistes, Caillebotte a enfin connu une reconnaissance officielle en 1994 avec une rétrospective organisée à Orsay. C’est aujourd’hui un aspect plus intime que nous propose de découvrir la belle exposition du Musée des impressionnismes à Giverny, « Caillebotte, peintre et jardinier » à voir jusqu’au 3 juillet au sein de ce jardin qu’il avait aidé Claude Monet à embellir. Peintre de la modernité avec ses célèbres toiles réalisées dans le Paris en pleine transformation de la fin du XIXè, Caillebotte fut aussi chez lui, à Yerres puis au Petit Gennevilliers, le peintre inspiré par le jardin et les jeux de la lumière sur l’eau.

Marina Ferretti-Bocquillon , directeur scientifique du musée de Giverny est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde.

Les archives sonores diffusées ce soir

Xavier Rey (conservateur des peintures au Musée d’Orsay):Caillebotte et les impressionnistes

France Culture « Les regardeurs – Les raboteurs de parquet de G. Caillebotte » 07.09.2015 -Jean de Loisy

Kirk Varnedoe évoque une vue du boulevard Haussmann peinte depuis son balcon, et sa « fraternité d’esprit » avec certaines sculptures de Giacometti

( C’est avec un américain- Kirk Varnedoe ,conservateur en chef du département des peintures et des sculptures du Museum of Modern Art (MoMA) de New York, - que la France (et le monde) redécouvre Caillebotte en 1988)

ARCHIVE INA "Du jour au lendemain" 01.10.1988 (ITW François Poirier)

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Georges Collins, philosophe, nous parle du jardinage, passion de Claude Monet

ARCHIVE INA "Une vie, une œuvre : Claude Monet, sous l’onde, à en perdre l’œil" France Culture / 12.01.1995

Rodolphe Rapetti , commissaire de l'exposition Caillebotte au Grand Palais en 1994 ,conservateur au Musée d’Orsay:

La parenté Hopper/Caillebotte

ARCHIVE INA "Allegro serioso" Philippe Meyer 08.10.1994 F. Culture

Kirk Varnedoe

Caillebotte fut un mécène intelligent !

Sa très grande clairvoyanceque l'on voit dans son testament

ARCHIVE INA "Du jour au lendemain" 01.10.1988 (ITW François Poirier)

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Le reportage d'Elsa Daynac

Visite de l’exposition Caillebotte, peintre et jardinier en compagnie d’Emmanuel Besnard, jardinier responsable du jardin du musée des Impressionnismes de Giverny

Caillebotte
Caillebotte © RMN Grand Palais(Musée d'orsay) / Martine Beck-Coppola
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