pour son livre Peut-être Esther publié au Seuil

Katja Petrowskaja, écrivaine et journaliste-Peut-être Esther
Katja Petrowskaja, écrivaine et journaliste-Peut-être Esther © Seuil / Katja Petrowskaja

Chacun sait qu’il a fallu que les enfants des survivants atteignent l’âge adulte pour qu’enfin le récit de l’horreur advienne

Que la parole puisse être dite et reçue. Cinquante ans avant que raconter soit envisageable. Juste avant que les derniers témoins ne disparaissent.

Et c’est alors que la génération suivante a trébuché sur l’absence, les trous de l’histoire familiale, les branches coupées de l’arbre généalogique. Mais ceux à qui les questions auraient pu être posées n’étaient plus là pour y répondre. Il fallait entreprendre la quête en solitaire. Interroger les archives, solliciter les mémoires officielles, lire tout, aller voir sur ces terres gorgées de sang, relever les pierres brisées des cimetières et écouter le vent souffler dans les forêts poussées sur les fosses communes. Voici venu le temps des petits-enfants.

Ils sont écrivains et s’appellent Daniel Mendelsohn, Jonathan Safran Foer, Helen Epstein, aux Etats Unis. Virginie Linhart, Colombe Schneck en France qui, ces dernières années, ont voulu combler ces silences, raconter les vies et nommer ceux qui ont été engloutis sans laisser de traces.

Aujourd’hui installée à Berlin,Katja Petrowskaja est née en Ukraine au début des années 70, et vient de familles qui ont vécu en Autriche-Hongrie, en Pologne et en Russie.

Toute petite, elle entendait raconter des histoires étranges, celle du grand-oncle qui a peut-être déclenché la seconde guerre mondiale, celle du grand-père prisonnier de guerre qui a mis 41 ans à rentrer chez lui, et celle d’une arrière-grand-mère assassinée à Kiev en 1941 par les nazis dont nul n’est plus certain de connaître le prénom.

Peut-être Esther est d’ailleurs le titre de ce très beau livre, traduit par Barbara Fontaine et qui vient de paraître au Seuil.

Katja Petrowskaja est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde . Bernard Mangiante sera notre interprète.

Le reportage de Mariannick Bellot

Irène Berelowitch est une des fondatrices de__ l'Atelier du bruit, un collectif de création documentaire multimédia qui réalise des portraits basés sur la transmission de mémoires vivantes et subjectives pour la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration . Irène a aussi travaillé sur la mémoire de sa propre famille, en partie venue de Russie...

On peut découvrir ces portraits sur le site internet de la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration ou sur le site de l'Atelier du bruit.

Les sons de Russie sont tirés d'un reportage de Zoé Varier pour son

émission Nous Autres du 1er avril 2011, Les militants de Khimky,

réalisée par Michèle Soulier, et d'un documentaire d'Irène Berelowitch

réalisé par Véronique Lamendour pour lesNuits Magnétiques de France

Culture, du 29 juillet 1999, Loin de Moscou : une toute petite patrie .

Livre :

Le livre de Jacob de Wladimir Bérélowitch, édition du Cerf

Liens internet :

L'Atelier du bruit ; http://www.atelierdubruit.net/

Quartier lointain , un documentaire d'Irène Bérélowitch :

http://www.arteradio.com/son/514494/

Histoires singulières , Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration :

http://portraits.histoire-immigration.fr/

http://www.atelierdubruit.net/?page_id=343

Archives INA :

Sophie Gillery

La programmation musicale :

  • CD 1 : « Idées noires » - Bernard LAVILLIERS / Catherine RINGER (Barclay, 2014)

  • CD 2 : « Hey Jude » - THE BEATLES (1969)

  • CD 3 : « Owl » – SHE KEEPS BEES (BB Island, 2014)
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