pour son premier roman Le chagrin des vivants traduit par Elodie Leplat et publié chez Gallimard

Anna Hope - Le chagrin des vivants
Anna Hope - Le chagrin des vivants © Gallimard / Anna Hope

Le 11 novembre 1920, une foule immense, en vêtements de deuil, s’est massée tout au long du parcours emprunté par le cortège funéraire qui accompagne, de Victoria Station à l’Abbaye de Westminster, le cercueil contenant le corps d’un soldat britannique inconnu, tombé durant la terrible bataille de la Somme.

Au même moment, à Paris, une cérémonie identique se déroule sous l’Arc de Triomphe.

Deux ans exactement après que les canons se sont tus, la France et la Grande Bretagne ont voulu, avec cette manifestation solennelle de communion nationale, permettre aux milliers de familles qui n’ont pu ensevelir leurs proches d’entamer enfin le deuil nécessaire.

Après les millions de morts et les destructions effroyables, le temps est venu pour tous de se tourner vers l’avenir.

Et, puissance du symbole, même ceux qui demeuraient figés dans leur douleur, ont réussi, à ce moment-là, à pleurer enfin.

Le Chagrin des Vivants , qui vient de paraître chez Gallimard dans une traduction d’Elodie Leplat, est le premier et très beau roman de Anna Hope .

Rythmé par le récit de la progression du cercueil, depuis le nord de la France jusqu’au cœur de Londres, du 7 au 11 novembre, le livre entremêle les voix de trois femmes, d’âges et de milieux différents qui sont liées, sans le savoir, par les souffrances de cette guerre.

Ada, la plus âgée, n’arrive pas à croire à la mort de son fils unique. Evelyn, jeune femme de la grande bourgeoisie, a perdu son fiancé. Amère, en colère, elle a décidé de prendre un emploi au service des pensions où elle reçoit, toute la journée, mutilés et blessés de l’âme. Hettie, a tout juste 19 ans. Sa mère est femme de ménage et son frère, revenu traumatisé, ne peut plus travailler. Elle voudrait que cette page se tourne enfin, pouvoir danser, s’amuser, tomber amoureuse d’un homme normal.

Etonnant de maîtrise et d’ampleur ce superbe livre ne se lâche pas avant la fin.

Anna Hope est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde . Xavier Combe sera notre interprète.

Le reportage de Cerise Maréchaud

Wilfred Owen, un poète dans la guerre

Encore quasi inconnu en France, Wilfred Owen est le poète le plus étudié en Grande-Bretagne après Shakespeare.

Il n'a pas eu les moyens d'aller à l'université, mais son œuvre fulgurante exprime avec réalisme et compassion « l'absurdité barbare » de la guerre.

Le soldat-poète - sous-lieutenant - est tué le 4 novembre 1918 sur le canal de la Sambre qui traverse le village d'Ors, dans le Nord. Il avait 25 ans.

La cave où il s'est réfugié avec ses camarades existe toujours. On y entend la lecture de la dernière lettre à sa mère Susan.

Au dessus de la cave, la Maison forestière Wilfred Owen , œuvre architecturale immaculée, abrite une installation visuelle et sonore qui permet de lire et entendre ses poèmes.

Elle a été conçue par l'artiste anglais Simon Patterson et construite par l'architecte français Jean-Christophe Denise.

Puis un sentier de 6 km dans la foret de Bois-Lévêque nous guide sur les derniers pas d'Owen et de son bataillon.

Visite avec des blogueurs littéraires anglais et le maire de Ors, Jacky Duminy , qui a accompagné la création de ce lieu de mémoire.

http://www.tourisme-cambresis.fr/maison-forestiere-ors.html

http://www.wilfredowen.fr

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