Pour son roman Ce qui reste de nos vies - traduit par Laurence Sendrowicz - paru chez Gallimard - Prix Femina Étranger 2014

Zeruya Shalev - Ce qui reste de nos vies
Zeruya Shalev - Ce qui reste de nos vies © Gallimard / Zeruya Shalev

Ce sont les toutes premières lignes du livre. Lorsqu’il en a parlé, avec admiration, après l’avoir lu, l’écrivain Amos Oz, gloire nationale en Israël, a dit qu’il fallait être sacrément gonflée pour commencer un roman d’une façon aussi peu sexy !

Zeruya Shalev , qui a écrit cette superbe histoire d’amours au pluriel, intitulée Ce qui reste de nos vies , ne manque certes pas de ce courage qui consiste, pour un écrivain, à ne pas édulcorer son propos pour plaire à tous.

Elle qui a connu de violentes attaques après la parution, en 1997, de Vie amoureuse , jugé indécent par les partis religieux, elle qui a conçu ce dernier livre, intense et déchiré, sur un lit d’hôpital après avoir été blessée dans un attentat.

Car si elle parle toujours d’amour dans ses romans, ce n’est jamais tranquille, simple, ni définitif.

Comme dans Ce qui reste de nos vies , traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz, paru chez Gallimard en septembre dernier et qui a reçu le prix Femina Étranger 2014.

S’ouvrant sur les derniers jours de vie de Hemda, le récit remonte dans sa mémoire douloureuse de petite fille grandie dans un kibboutz, loin d’une mère indifférente et d’un père, adoré, mais brutal.

Mariée sans amour, Hemda a eu deux enfants : Dina, qu’elle délaisse, et Avner, le fils adulé.

Au chevet de leur mère mourante, ceux-ci, malheureux dans leur propre vie de famille, tentent chacun de retrouver une nouvelle raison de vivre.

Avner en fantasmant une relation amoureuse idéale avec une inconnue qu’il a croisée à l’hôpital. Dina en décidant d’adopter un enfant, contre l’avis de son mari et de sa fille, adolescente, qu’elle sent s’éloigner d’elle.

Zeruya Shalev, qui participera à une table ronde sur les familles, samedi 30 mai à 17h30, à la Villa Gillet à Lyon, aux Assises Internationales du Roman que nous accompagnons toute la semaine, est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde . Michel Zlotovski sera notre interprète.

Les Assises Internationales du Roman à Lyon -

en partenariat avec La Villa Gillet / Les Subsistances / Le Monde / France Inter

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Le reportage de léa Minod

Dans le roman Zeruya Shalev, la fille aînée Dina n’a pas été autant aimée que son petit frère Avner.

Comme une plaie toujours béante, l’amour maternel lui a manqué, lui manque encore. Elle ne cesse d’y revenir et d’y comparer sa propre maternité.

Mais qu’est-ce qui tisse les sentiments entre la mère et l’enfant ?

Et pourquoi, lorsqu’une femme donne naissance, tous les conseils dont on l’a abondée pendant sa grossesse se taisent subitement ? Comme s’il suffisait d’accoucher pour être mère .

Cécile Croquin , est présidente de l’associationMaman-Blues . Elle a connu une difficulté maternelle - que l’on appelle communément le "baby blues".

Je l’ai retrouvée un samedi après-midi dans une vaste maison à Chantilly. Son fils aîné, Philéas, était au badminton avec le père. Le chien minaudait. Tout semblait paisible.

Trois ans après la naissance de Philéas, Cécile Croquin a eu un autre fils, Coriolan avec lequel elle n’a éprouvé aucune difficulté. Et c’est ce décalage entre l’aîné et le benjamin qui lui a permis justement de mettre à jour et de comprendre ce qu’elle avait traversé avec Philéas.

Lien

Le site de l’Association Maman Blues

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